Si Dany Brillant savait

par Nicolas Tavares

Les Danchieuses Étoiles se lancent dans le grand bain de l’humour. Entretien décalé


Revenues d’une tournée mondiale qui les a éloignées de France pendant trois ans, les Danchieuses Étoiles ont accordé une interview exclusive à Carré Barré à l’occasion de leur passage à Châteauroux. Un entretien débuté avec Kim et Mel, les personnages, et terminé plus sérieusement avec les comédiennes Mélissa Chatelet et Barbara Grassi.

Comment appréhendez-vous les retrouvailles avec un public qui vous a peut-être oublié depuis trois ans ?

Kim : «Je suis toujours là même. Parisienne, féminine.»
Mel : «52 ans!»
Kim : «Non. Ça n’est pas nécessaire de dire mon âge.»
Mel : «Ah! D’accord! Mais je t’aime.»
Kim : «Ouais, tais-toi. Donc Kim, jeune, belle raffinée, enfin tout ce que Mel n’est pas.»
Mel : «Moi, j’affine plutôt. Des fromages de chèvre. Je suis berrichonne revendiquée et danseuse professionnelle aussi. Disons que je me suis cantonnée dans le Berry. Mais je suis très vite sortie du circuit trad. J’ai créé mon propre style avec des influences. Parfois, je m’assoie au milieu d’un champ, j’observe la nature, et ça me vient. Les Parisiens sont subjugués.»

Pouvez-vous nous en dire plus sur ce nouveau spectacle qui marque votre come-back?

Kim : «Nous avons remporté un concours de danse qui se déroulait à Paris.»
Mel : «Je suis montée après avoir gagné les présélections. Dans le Berry, je suis une danseuse assez reconnue. J’ai fait la foire à la lentille de Vatan. J’ai excellé, vraiment. Il faut dire que j’ai un niveau particulier. J’ai proposé des choses atypiques par rapport aux autres. Et ça a fait la différence.»
Kim : «En fait il devait y avoir une seule gagnante au concours, mais il y en a eu deux. Maintenant nous devons collaborer parce que le spectacle fera la première partie de Dany Brillant aux Folies Bergères dans trois mois.»
Mel : «Dany n’est pas au courant qu’il fait les Folies Bergères. Et surtout, il ne sait pas qu’on est sa première partie, il va l’apprendre en lisant Carré Barré.»

Vous allez donc pouvoir offrir ce que vous savez faire de mieux à votre public…

Kim : «Le problème, c’est que Mel n’a pas le niveau et il va falloir s’en sortir avec ça, mais ça m’a beaucoup stressé et j’ai paniqué pendant toutes les répétitions. Elle va rabaisser mon niveau et va me faire foirer ma carrière.»

Mettre en scène deux jeunes femmes que tout oppose, c’était une évidence ? (Barbara et Mélissa font leur apparition dans l’entretien)

Barbara Grassi : «Avec Mélissa, nous avons écrit ce spectacle, mis en scène, créé les musiques, les danses, les costumes et les accessoires. Nous nous sommes débrouillées toutes seules»
Mélissa Chatelet : «Cela fait un an et trois mois que nous écrivons cette comédie. Nous l’avons rodée à L’Improviste, la salle d’un ami à Brive-la-Gaillarde. On avait prévu de jouer un week-end, mais ça a tellement bien marché qu’on y est revenu régulièrement d’avril à octobre.»

Quelle est votre stratégie pour faire connaître les Danchieuses Étoiles?

B.G. : «Nous avons envoyé des mails partout dans les salles, pour peu de réponses. Châteauroux (le 23 novembre dernier), c’était notre quatorzième représentation ! Il y a les réseaux sociaux, mais nous avons une technique bien amenée : nous distribuons nos flyers dans la rue en costume et en personnages. Ça fait rire les gens, il y a un bon feeling. À Brive, tous les commerçants du centre-ville nous connaissent.»
M.C. «On s’est inspiré de nos vraies vies pour écrire ce spectacle. Nous passons de vrais messages : arrêtons de penser que les Parisiens sont tous des cons, que les campagnards sont tous des bouseux. On évoque l’âgisme, la grossophobie. Toi Barbara, on t’a dit que devenir comédienne à ton âge, ce serait hyper dur. Moi depuis que je suis gamine, je veux être comédienne, mais on disait : « Vu ton physique, ça va être compliqué ». Si j’avais écouté les gens, je ne me serais jamais retrouvée sur scène.»

Dans le spectacle, vous interagissez avec les spectateurs…

B.G. : «Oui et s’il répond, le spectacle peut se prolonger. Nous avons voulu quelque chose d’un peu déconcertant, un spectacle qui parle de nous. L’interaction avec le public, ça peut être casse-gueule, mais on joue avec ça. À Angers, les gens étaient fous alors on y est allé en se disant, c’est cadeau et ça a fonctionné.»

Comment envisagez-vous la suite ?

B.G. : «On va d’abord faire les Folies Bergères (rire). Attention, là c’est le personnage de Kim qui parle. On accepte que ça avance doucement, c’est le chemin normal…»
M.C. : «On propose un vrai spectacle d’humour (et pas de danse), on ne lâche rien et nous avons déjà une dizaine de dates pour 2026.»

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