Avril, le mois du vinyle

Les collectionneurs de disques et BD ont rendez-vous à La Châtre, le 20 avril, mais pas que…

La réussite d’un salon tient parfois à peu de choses. Dans le cas de la Bourse Disques et BD de La Châtre, il a suffi que Christophe Abraham porte un jour un tee-shirt du groupe Magma et qu’il laisse traîner une caisse de vinyles sur la banquette arrière de sa voiture pour attirer l’attention de Jean-Charles Lardeau qui passait par là. Les deux hommes se sont bien trouvés au point de donner naissance à l’OCB36, l’Organisation des Collectionneurs du Berry. Christophe en a pris la présidence, Jean-Charles s’est chargé de la trésorerie. Quant à Jean-Marc Desloges, une de leurs connaissances, il a fait le troisième larron pour devenir secrétaire de l’association qui porte aujourd’hui le rendez-vous castrais. Sa première édition s’est jouée en 2018. Le temps de faire l’impasse sur deux années au moment du COVID, voilà l’OCB36 qui se prépare à accueillir la sixième édition de la bourse. Ce sera le 20 avril prochain à la salle des fêtes. «En 2018, ça avait très bien démarré. Aujourd’hui, on reçoit 500 à 600 visiteurs sur la journée. Réussir ça un dimanche de Pâques à La Châtre c’est plutôt pas mal» se félicite Jean-Charles Lardeau.

Un rendez-vous familial

Le succès de la bourse de La Châtre tient en quelques détails. «Chez nous, l’entrée est gratuite parce que nous souhaitons que ce soit un rendez-vous familial. Il y a bien sûr des collectionneurs qui sont là avant l’ouverture du salon à 9h pour être les premiers à fouiller dans les bacs. Les gens peuvent venir en curieux ; ils repartent toujours avec quelque chose sous le bras. Ça peut-être la BD pour le petit, ou un coup de coeur pour un disque d’occasion.»

La bourse castraise est visiblement bien cotée puisqu’ils sont une bonne vingtaine d’exposants à se presser sur la centaine de mètres linéaires qui leur est consacrée. Ils viennent même de loin : Quimper, Nantes, Troyes, Tours, Niort ou Limoges. «Généralement, les exposants sont du genre discrets sur le nombre de ventes qu’ils réalisent. Mais ils reviennent d’une année sur l’autre. Ça veut dire quelque chose» commente Jean-Charles. Le jour de la bourse, lui est au four et au moulin.

Organisateur, évidemment, mais aussi exposant : «C’est mon seul salon de l’année, pour revendre un peu de mon stock. Dans mon salon, j’ai plusieurs milliers de vinyles ! Mais je ne suis pas collectionneur, plutôt collecteur. Mes goûts sont éclectiques, j’écoute tous les styles de musique. En un an, je peux acheter une centaine de vinyles d’occase. J’ai toujours préféré dépenser dix fois 1€ pour un vieux vinyle qu’une fois 10€ pour un neuf !» Le trésorier de l’association n’est pas le seul dans ce cas et nombre de visiteurs de la Bourse Disques et BD espèrent tomber sur la perle rare. Le vinyle des années 70 pressé à 200 exemplaires par exemple. Ou comme pour Jean-Charles, une trouvaille, «un disque improbable de soul sud africaine des années 60. Et forcément, derrière, on cherche à connaître son histoire. Comment un disque de 1966 produit en Afrique du sud s’est-il un jour retrouvé à Saint-Chartier ?»

Auteurs en dédicaces

Rémy Leguillon du Bruit qui Tourne.

C’est ce genre de rareté que vous pourrez peut-être dénicher en Vallée noire. Idem pour la bande dessinée, le domaine de prédilection de Jean-Marc Desloges, lui-même auteur. Le Neuvième Art à la bourse castraise, c’est un quart de la surface d’exposition. Sans compter les auteurs en dédicaces. Cette année, David Verdier, Claude Turier, Fred Langout ou la mangaka reuilloise Lindsay Gaudou Labergris vous attendent au côté de Jean-Marc Desloges. «Nous aurions pu programmer un concert, mais c’est beaucoup de travail supplémentaire et cela représente un budget», regrette Jean-Charles Lardeau avant de poursuivre : «La formule actuelle se passe gentiment ; les copains et la famille viennent donner un coup de main dans l’organisation. Réussir à maintenir la Bourse à La Châtre, c’est déjà pas mal.» Il est vrai que les mêmes rendez-vous naguère organisés à Châteauroux ou Nevers ont tout simplement disparu du calendrier…

Le Bruit qui Tourne et Formica’Zik sur les platines


Pour le bar disquaire castelroussin Le Bruit qui Tourne, le mois d’avril est synonyme de Disquaire Day (le 12). «C’est la journée internationale des disquaires indépendants (ils sont environ 300 en France, ndlr), le jour où on vend le plus de disques, c’est un peu Noël, commente Rémy Leguillon. Les États-Unis, le Japon, l’Irlande, la Pologne ou la France établissent une liste de vinyles. Ce sont des éditions limitées d’enregistrements jamais sortis de studio ou des éditions spéciales, des pictures disc par exemple. Il y en a pour tous les prix. Au Bruit qui Tourne, on en profite pour proposer également des vinyles neufs à 5€ ou des promos à -20% sur les disques d’occasion.» Le vinyle sera également le roi de la fête du 2 au 5 avril (voir agenda) avec le Formica’Zik de Bruno Bouchard et Jelly Môme. Les deux vont transformer le Café Équinoxe en cuisine d’époque dans laquelle les visiteurs seront invités à préparer leur tambouille musicale, autrement dit composer leur playlist en direct. Pendant trois soirées, Bruno Bouchard propose son concept fait de blind test et d’expos et si l’envie vous prend, vous pouvez même danser.

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