Le BEF, c’est Le Blanc-sur-Baïse
Un jour, les Bandastics joueront au festival de Condom. En attendant, ils fêtent l’été…
par Nicolas Tavarès
On peut rire de tout avec les membres d’une banda, sauf de leur répertoire et de la manière avec laquelle ils l’interprètent. De Dax à Mont-de-Marsan en passant par Condom, on ne plaisante pas avec ça, surtout quand la réputation peut être ternie par une fausse note au moment de jouer le « Vino Griego », « La Goffa Lolita », le « Paquito el Chocolatero » ou « Les Yeux d’Émilie », autant d’incontournables du répertoire. Ce qui vaut sur les rives de l’Adour, de la Midouze ou de la Baïse se vérifie aussi sur les bords de Creuse où les Bandastics du Blanc se préparent à vivre la 8e édition du BEF (les Bandastics En Fête, ndlr), un festival qu’ils organisent et qui marque traditionnellement l’arrivée des vacances et de « l’Été au Blanc », le programme des animations que la ville a choisi d’annoncer en musique.
Pour lancer « l’été au Blanc »

Le rendez-vous n’est pas pris à la légère par les Bandastics : «Le BEF, c’est un temps fort de notre association, note Nicolas Joly, saxo alto et ancien président. On commence à le préparer dix mois avant.» Au gré des sorties de l’année, les Blancois nouent des liens avec d’autres groupes et composent leur plateau. Cette année, l’Harmonie de La Châtre, les LimouZi’K de Saint-Junien et les P’tits Culs Ivres de Limoges donneront le la aux côtés des Blancois. Delphine Arnoux-Crechet, elle, aura la charge de mener la troupe assistée de Sylvain Mathé. Directrice musicale des Bandastics depuis deux ans, la jeune femme jongle entre saxo et baguette. Avec son prédécesseur Lionel Nicoulaud et Grégory Bernard, le président de l’association, ils forment le comité des sages qui choisit le fameux répertoire évoqué plus haut.
«Ce choix se fait en fonction de la difficulté du morceau. Nous jouons beaucoup de musiques de rue, des paso dobles ou de la musique latine. Mais nous interprétons surtout ce que le public nous demande de jouer. Ensuite, nous faisons en sorte de nous approprier les morceaux.» À chaque banda sa signature. Chez les Bandastics, on aime par exemple surfer sur Ska-P. L’histoire des Blancois ne s’est toutefois pas écrite avec les morceaux ska-punk du combo madrilène. Nicolas Joly fut avec quelques autres à l’origine de la fanfare : «Au début, c’était la musique de la confrérie du Pouligny-Saint-Pierre. On nous a appelés la banda de Pouligny. Au fil des années, ça a commencé à prendre de l’ampleur. Avant le COVID, le BEF, c’était sous la bulle du parc des expos. On faisait 500 à 600 repas, un millier de personnes venait. Désormais, on fait appel à nous pour lancer « L’été au Blanc ».»
La Lune d’Or en prix

Aujourd’hui, les Bandastics sont à géométrie variable ; jusqu’à une trentaine pour les grandes occasions. Le BEF en est une, évidemment, qui fait venir la foule et travailler restaurants et bars de la ville. Mais les Blancois se risquent également hors des frontières indriennes. «Chaque année, nous faisons une vingtaine de sorties, détaille Nicolas Joly. La Nuit des Bandas à Saint-Astier, le festival de Confolens, le concours de Rochechouart où nous avons remporté le 1er prix de la Lune d’or et le 3e prix de l’animation générale…»
Les Bandastics ont d’ailleurs dû renoncer à la feria de Dax, au festival musical de Costa Brava ou la foire du Trône, «le calendrier était déjà très chargé pour nous.» Forcément, évoquer concours et bandas, c’est immanquablement penser au festival de Condom (Gers), LE grand événement qui décerne la couronne de champion de France. Issoudun Banda y décrocha le titre suprême en 1994 et ajouté deux titres juniors en 2001 et 2002. Condom, Nicolas l’a vécu en spectateur : «Chez les Bandastics, beaucoup n’ont jamais connu cette ambiance alors en 2024 on va essayer d’aller faire le concours. Nous avons envoyé nos CD à l’organisateur. Ce serait une fierté immense d’emmener les Bandastics là-bas.» Delphine Arnoux-Crechet convient que : «La porte n’est pas très grande pour participer au festival de Condom ; c’est sur dossier. Continuons d’abord à se faire plaisir et à faire plaisir aux gens. La motivation doit rester. Je pense que c’est en faisant de plus petites prestations qu’on est plus facilement repérés.» Nicolas Joly reste en tout cas convaincu que les Bandastics tiennent la recette de la banda idéale : «Il faut que ça bouge, que ça chante et surtout que le public suive.» L’an prochain, ils auront 25 ans. À Condom, pays de l’armagnac, on considère qu’à cet âge-là le breuvage atteint sa pleine maturité.
Le BEF au Blanc
Samedi 1er juillet
sur le marché et dans les bars du centre-ville