Le lombric, star de la Foire Bio

Neuvy-Saint-Sépulchre est converti au bio depuis près d’un demi-siècle

par Nicolas Tavarès

Prenez un lombric et faites-en le cœur de vos recherches. Consacrez-lui un ou deux essais, vous en ferez des best-sellers. Auteur, entre autres, de « Éloge d’un ver de terre » et « Sauver le ver de terre », Christophe Gatineau s’est imposé comme LE grand géodrilologue de l’Hexagone. Certains l’ont même surnommé le porte-parole des vers de terre. C’est précédé de cette solide réputation qu’il se présentera à la 49e Foire Bio de Neuvy-Saint-Sépulchre les 24 et 25 août. On vous laisse imaginer combien la Causerie Lombrics au menu du rendez-vous neuvicien permettra de voir le ver de terre sous un nouveau jour. L’animal sera, quoi qu’il en soit, la star de la Foire Bio cette année, sous-titrée « Sous nos pieds la terre, la vie ».

Mais la manifestation, comme son nom l’indique, c’est aussi et surtout une déclinaison de tout ce qui touche de près ou de loin au bio : alimentaire, bien-être, santé, cosmétique… «La Foire Bio est l’une des plus anciennes de France, rappelle à toutes fins utiles Claire Courreau, coprésidente avec Jacky Forichon de l’association Neuvy Écobio. Nous sommes particulièrement centrés sur le bio et l’écologie et reconnus pour cela, ça fait notre force.» L’an dernier, plus de 80 exposants avaient rejoint le parc Boulade-Périgois et le parking de la mairie pour prendre part à l’événement qui se veut «ludique et sérieux».

L’approche de toutes les thématiques y est certes pédagogique, mais lorsque l’on est producteur, il convient de montrer patte blanche pour y exposer. Claire Courreau: «Nous avons des critères de sélection. En premier lieu le label AB ou des équivalents comme la marque associative Nature & Progrès ou le label Demeter. C’est une garantie.» Les organisateurs privilégient en premier lieu les producteurs locaux puis ceux des régions limitrophes. Des exposants viennent cependant de partout en France, à l’image des viticulteurs attendus. À l’heure de boucler le magazine, la liste définitive des exposants n’était pas achevée, mais ils seront une fois encore nombreux. Comme les visiteurs du reste. L’an dernier, la Foire Bio avait accueilli plus de 3000 personnes sur le week-end.

C’est que Neuvy Écobio ne les attire pas seulement avec des graines de chia ou trois pommes cueillies dans le verger de la société pomologique ; les ateliers participent également au rayonnement de la manifestation. Pour cette édition, ne manquez pas l’intervention de Joël Moulin qui vous en apprendra beaucoup sur la protection des sols en observant un trou creusé dans les vergers.

Un souterrarium

À moins que vous ne préfériez l’atelier compostage d’Hervé Valoteau, guide jardinier bio ou le souterrarium proposé par La Secousse. Le tiers-lieu de Jeu-les-Bois a choisi la fameuse approche ludique et pédagogique pour braquer les projecteurs sur l’habitat du héros du week-end, j’ai nommé Max le lombric. L’exposition sur la vie du sol proposée par Indre Nature, celle présentant les clichés de Yann Arthus-Bertrand, la venue de Boischaut Sud Résilience qui prône la construction écologique ou plusieurs ateliers créatifs pour les enfants prendront place dans un programme dense et varié.

«Nous diversifions les ateliers afin de rendre le rendez-vous plus sympathique, dit Claire Courreau. À la base, nous recevons des visiteurs déjà convaincus par le bio, mais nous souhaitons attirer un public plus large. Tout ce qui est convivial – comme le bal trad’ du samedi soir avec le Duo Eva – attire du monde. Mais il s’agit ensuite de sensibiliser ce public.» Dans les allées de la Foire Bio, on parle forcément des grandes questions du moment, des conséquences du changement climatique par exemple. Les organisateurs revendiquent un événement «de plus en plus engagé. Nous suivons les travaux de la COP Centre-Val de Loire autour des thématiques de l’alimentation, du logement, de la mobilité.»

La Foire Bio, 49e du nom est bien dans son temps à tel point qu’elle cherche à se moderniser. Un lifting que Claire Courreau explique : «Nous marquerons évidemment le coup pour la 50e édition l’an prochain, mais nous réfléchissons à un nouveau nom pour le rendez-vous. Le mot foire ne nous paraît plus d’actualité.» La réflexion est en cours. Quelqu’un a-t-il seulement demandé à Max le Lombric ce qu’il en pensait ? Il a certainement un avis sur la question.

Foire Bio de Neuvy-Saint-Sépulchre
les 24 et 25 août
entrée gratuite

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