L’émoi des voix estivales

En juillet, osez le Cabaret Lyrique et le festival BluesBerry

par Nicolas Tavarès

L’Indre a perdu ses « gros » festivals ? Profitez-en pour découvrir de plus petites structures qui vous garantiront le grand frisson. C’est la promesse de Maxime Dollo et Anne Fonbaustier.

Si vous n’avez jamais entendu parler des spectacles de La Chapelle à Poulaines ou du festival BluesBerry à Ambrault, c’est mal. Ce mois de juillet vous permettra en tout cas de les (re)découvrir. Car ces deux rendez-vous, chacun dans leur style, valent le détour. Dans sa demeure familiale de Poulaines, Maxime Dollo pressent un choc culturel avec le Cabaret Lyrique du 10 juillet. Anne Fonbaustier, présidente de l’association BluesBerry, insiste quant à elle sur la convivialité affirmée du festival éponyme des 23 et 24. Les deux ne frappent pas dans la même catégorie que les Darc, Le Son Continu ou Estivales de l’étang Duris malheureusement au repos forcé. Mais à leur manière, le Cabaret Lyrique et le BluesBerry avancent de solides arguments.

L’an dernier, Maxime avait ainsi surpris son monde en accueillant son ami Bruno Agati et la compagnie Mixity. À La Chapelle, un OVNI s’était posé devant 500 spectateurs, «un énorme souvenir» se rappelle-t-il. S’appuyant sur le dispositif  « Musique et théâtre au Pays » porté par le Département de l’Indre, l’organisateur va une fois encore tenter de surprendre son monde en présentant cette fois un spectacle lyrique. «Le lyrique a une toute petite place dans la programmation culturelle en Berry. Pour ce rendez-vous, j’ai mis tout mon coeur de jeune chanteur lyrique pendant 15 ans au conservatoire de Châteauroux !»

Réalisateur, photographe, chanteur, comédien, Maxime Dollo a surtout profité d’un concours de circonstances pour lancer son projet. «Ma casquette de réalisateur m’a fait connaître le compagnon de la soprano Hélène Carpentier (à gauche sur la photo). Elle est une habituée des plus grandes scènes, maintenant il y aura La Chapelle !» Maxime part dans un éclat de rire. Une chanteuse internationalement reconnue dans un jardin familial à Poulaines, incongru direz-vous ? «On peut parfaitement quitter les codes du lyrique et justement, Hélène a adhéré à cet accueil familial. On s’attaque à une niche culturelle beaucoup moins populaire que Mixity. Cette fois, nous attendons 300 spectateurs, mais nous ne faisons pas une course à la jauge.»

Dans son petit coin de Champagne berrichonne, Maxime Dollo n’a jamais tremblé pour organiser sa manifestation. «J’ai envisagé le Cabaret Lyrique dès la fin de Mixity. Depuis les annonces du gouvernement, en mai, il y a eu un gros coup d’adrénaline, mais j’organise un spectacle en plein air et assis. Je suis donc relativement tranquille.»

La culture s’invite à La Chapelle ; elle revient carrément au galop à Ambrault jusqu’à s’installer sur un…stade ! Le BluesBerry, septième du nom, a un temps vacillé, son édition 2020 ayant disparu du calendrier avec le COVID. «Mais il n’était pas question de vivre une nouvelle année blanche» insiste Anne Fonbaustier, présidente frustrée qui vous explique : «J’ai été élue en novembre 2019 et je n’ai toujours pas connu de festival en tant que telle !» Ce ne sera bientôt plus qu’un mauvais souvenir. L’organisation a toutefois dû procéder à quelques aménagements imposés par la crise sanitaire. «Le 27 mars, nous étions décidés à organiser le festival coûte que coûte. Il n’était pas question de vivre une nouvelle année blanche. Depuis, nous sommes pendus aux annonces du gouvernement», reconnaît Anne au côté du programmateur, Antony Belgarde, chargé de composer avec un public assis, une jauge et un budget réduits.

L’association se réorganise

«Comme c’était un BluesBerry a minima, nous savions que nous aurions moins de recettes» admet Anne qui impose peu à peu sa marque sur l’association. En prenant la présidence, elle a amené une certaine rigueur qui ravit Antony : «Anne, de par son métier (elle est directrice générale des services d’une commune de l’Allier, ndlr), est une grande spécialiste du montage de dossiers. Déjà, ça, ça fait du bien. Elle a tout réorganisé. L’administratif, ce n’était pas ce que préférait Seb (Sébastien Bourdieu, l’ancien président). Lui, son truc, c’est plutôt la logistique dont il continue à s’occuper.» Anne, elle, admet avoir accepté la présidence sur la pointe des pieds : «J’ai pris le poste en sachant ce que cela impliquait. En plus je succédais à l’un des co fondateurs du festival, c’est toujours un peu délicat. Alors on réorganise, on revient à un profil d’association plus classique et puis nous avons la chance d’avoir le maire, Étienne Aujard, à fond derrière nous et les partenaires privés et publics qui nous suivent.»

Mais foi de présidente, BluesBerry va conserver son état d’esprit si particulier, celui d’un festival «de taille moyenne qui n’a pas vocation à devenir un gros truc. En 2019 nous avions accueilli 2 500 spectateurs sur deux soirées. Ici, les gens viennent pour l’ambiance. Le public est multi générationnel. Et c’est connu, au BluesBerry on mange bien. Certains viennent même uniquement pour manger. Ça tombe bien, les dernières informations disent que l’on devrait pouvoir maintenir un service de restauration.»

Alors à Ambrault, on est pressé de retrouver le stade. Il manque encore quelques bénévoles, notamment pour monter la scène, mais l’envie est là. Et l’affiche au fait ? Elle sera constituée de Cocodrile Gombo, Little Mouse & The Hungry Cats, Rozedale et No Money Kid. Une programmation éclectique bien dans la veine des précédentes éditions.

Cabaret Lyrique
le 10 juillet à Poulaines

Festival BluesBerry
les 23 et 24 juillet à Ambrault

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