Les Michelibediches en liberté

Le trio vocal coquin repousse les limites de la féminité bien pensante

par Nicolas Tavarès

Margaux, Élodie, Éva, trois chanteuses délurées qui font dans le subtil et l’agréable.

Lorsque tu as envie de rire et qu’en même temps «tu veux transmettre très, très subtilement des messages que chacun sera libre de capter», pourquoi ne pas le faire en chansons. Au départ du projet, il y avait la volonté affichée d’Élodie Suarez, chanteuse, danseuse, musicienne intervenante «de rassembler ses copines pour chanter des trucs frais» raconte Margaux Pasquet. Avec Éva Fogelgesang, chanteuse, danseuse, comédienne, musicienne intervenante elle aussi, elle complètera le trio de copines prêtes à se lancer en toute légèreté.

«Nous avons d’abord évoqué le répertoire des Andrews Sisters qui nous plaisait beaucoup, puis en triturant nos idées, nous avons complètement dévié. D’ailleurs, dans notre répertoire, il ne reste qu’une seule chanson des Andrews Sisters.» Un autre morceau, « Les fesses » marquera finalement l’entrée dans la carrière du trio. Alors grivoises les Michelibediches ? «Nos chansons le sont très gentiment, admet Margaux. Ce sont plutôt des chansons à texte avec un peu de coquinerie dans les yeux. On a choisi les chansons en fonction de rigolades. Nous avons détourné, aussi, un peu. Et puis nous voulions mettre nos corps au service du propos. Nous avons donc demandé à Barbara Boichot, une metteuse en scène qu’on adore et qui travaille souvent avec des musiciens, de nous mettre en forme.»

Les Michelibediches dansent, se contorsionnent, respirent. «C’est vivant quoi ! s’enthousiasme Margaux. On envisage de jouer n’importe où, en intérieur, en extérieur, sur scène ou au plus près des gens. Nous nous préparons à tous les contextes.» Car le projet n’est pas une passade. «Chacune a d’autres projets personnels, mais les Michelibediches ont une importance toute particulière pour nous trois : c’est un exutoire commun et en ce moment, c’est salutaire.» Les trois jeunes femmes espéraient pouvoir oublier leurs répétitions via les réseaux pour se retrouver et entrer en résidence avec Barbara Boichot. Deux dates étaient également programmées en juin, en Bretagne. Un virus en a décidé autrement, repoussant les limites du projet.

«Lors de nos premières prestations, nous avions un public bigarré avec des enfants, notamment. Ils ont adoré. Mais nous nous adressons à tout le monde.» Les Michelibediches offrant plusieurs niveaux de lecture avec leurs textes, Élodie, Margaux et Éva ne posent aucune barrière. Elles acceptent même de lever une partie du voile sur un mystère : celui de leur nom. «La référence germanique vient d’Éva qui est bilingue, et de questionnements existentiels sur les miches. On a évoqué Auguste Derrière (humoriste de l’absurde du début du XXe siècle, roi du jeu de mot laid, ndlr), on a cherché et on a trouvé ça…»

Facebook : Les Michelibediches

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