L’Indre reprend une Coupe

En voiture avec Joël Guérin pour suivre l’itinéraire d’un président gâté

par Nicolas Tavarès

Treize ans après un premier passage dans le département, Châteauroux reçoit la finale de la Coupe de France des rallyes. Un événement « piloté » par Joël Guérin, jeune retraité impatient.

C’est bien connu, les retraités n’ont pas une minute à eux. Dernier exemple en date, Joël Guérin. Il est le président de l’ASA du Berry (l’équivalent d’un comité de l’Indre pour le sport automobile, ndlr) et le grand patron de la finale de la Coupe de France des rallyes qui se tient à Châteauroux et dans le sud du département les 15 et 16 octobre prochains. Même s’il partage la direction des opérations avec Franck Michaud, nouveau boss de l’Écurie Berrichonne, Joël Guérin rêverait de journées plus longues. Treize ans après un premier passage de l’événement automobile aux 50 000 spectateurs, le dirigeant ne débranche tout simplement pas. Son tracas du moment, la révélation des spéciales programmée le 9 octobre : «Garder un parcours secret, c’est compliqué. Cela représentera 60 kilomètres de routes bloquées. Nous devons faire en sorte que les reconnaissances ne se fassent pas trop tôt en amont.»

Joël Guérin et Franck Michaud sont parés pour recevoir la finale

Si la Fédération française de sport automobile (son président Nicolas Deschaux, passera la journée du samedi sur l’épreuve) a confié à l’Indre sa finale, c’est parce qu’elle se souvenait du très bon élève de 2008. «Mais il fallait aussi proposer un parcours 100% nouveau, explique Joël Guérin. Sur 130 km de parcours chronométré, il n’y aura au final que 2 km identiques à l’édition 2008 : ceux de l’épreuve spectacle de l’aéroport Marcel-Dassault le vendredi soir !»

Spéciale nocturne à l’aéroport

Michel Morin, l’un des prétendants à la victoire finale

Pour surprendre les pilotes venus de toute la France, les organisateurs ont donc prévu d’envoyer la meute sur les routes du sud Indre. Mosnay-Le Pêchereau (11 km de spéciale), Pommiers-Éguzon (28 km) et Bazaige-Celon (11 km) sont au menu «avec un point névralgique à Cuzion et une dizaine de zones pour le public. Le sud du département se prêtait à la tenue de la course et comme on a eu à la fois un magnifique accueil des communes et une volonté de bien faire…» Le parc fermé, pour sa part, sera positionné au M.A.CH 36 à Déols tandis que le parc assistance, pour des questions d’intendance, sera situé à Belle-Isle. Les bases sont posées depuis un moment déjà – la finale devait se tenir en octobre 2020 mais a été reportée pour les raisons que l’on devine – Joël Guérin ne cache donc plus son impatience à voir s’élancer la première voiture ouvreuse.

Betty Pinson et et Laurent Blanchefort, les grands malheureux de l’automne

Et ce, quand bien même la finale pourrait signifier son ultime fait d’arme à la tête d’une ASA du Berry qu’il préside depuis 1990 : «Continuer ? On verra après la finale. J’ai vu passer pas mal de monde. Il est inévitable de penser au passage de flambeau à mon tour, même si ce n’est pas très agréable de se dire qu’on vieillit.»

À 63 ans, celui qui débuta la compétition avec la Coupe R5 en 1982 avant de venir au rallye prévient : «J’ai eu la chance d’avoir des clubs qui fonctionnaient bien. On a mis sur pied des championnats de France de rallycross, de Fol’Car – je suis même devenu président de la commission nationale de la spécialité -, et nous avons un rallye de l’Indre en 2e division. C’est pas mal. Mais si à un moment nous n’avions plus les mêmes objectifs, je me retirerais !» Le sport auto indrien n’en est pas là. Avant de décider s’il passera la main ou pas, Joël Guérin a une finale à mener à son terme pour que l’élève castelroussin reçoive une fois encore la mention très bien de la part des instances fédérales.

Finale de la Coupe de France des rallyes
15 et 16 octobre
www.finale2021.com

Un équipage privé de dessert…


Laurent Blanchefort et sa copilote Betty Pinson se faisaient une joie de participer à la finale de la Coupe de France. Le 11 septembre dernier, l’équipage castelroussin participait au rallye des Jardins de Sologne pour sécuriser une qualification déjà en poche. «Dans la 3e spéciale, sur une bosse anodine, la voiture s’est mise en travers et nous avons tapé les arbres !» raconte Laurent. La sortie est violente et laisse le pilote avec une fracture du poignet tandis que Betty est relevée avec un traumatisme crânien et une fracture du pied. «La voiture a été détruite. La première réaction de Betty, ça a été de vouloir en louer une pour la finale.» Las, Laurent et Betty se contenteront de vivre le rendez-vous dans les rangs de l’organisation. «Comme en 2008. La finale, chez soi, devant les proches et les partenaires, c’était le graal. Nous avions déjà connu une sortie violente en 2019, mais pas à ce point. Il faut croire que nous avons une bonne étoile.»

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