Retrouvailles autour de la gratte
Ses organisateurs évoquent le XXXIIIe Festival Guitare Issoudun
par Nicolas Tavarès
Du 29 au 31 octobre, le Festival Guitare Issoudun reprend des couleurs après une année blanche. Un soulagement pour Gérard Sadois, Alex Costanzo et Nicolas Pinot, des piliers du FGI.
À quoi peut bien tenir la réussite d’un festival ? À 45 ans d’une amitié indéfectible, par exemple. Ou à un harmonieux mélange des genres entre copains et compétences. Pas grand-chose en somme. Au Festival Guitare Issoudun (FGI), on a en tout cas intégré ces ingrédients dans la recette et au final, ça donne la 33e édition d’un rendez-vous qui va réunir tout ce qui gravite autour de la gratte trois jours durant (29 au 31 octobre).
La longue amitié qui cimente le FGI, c’est donc celle de Gérard Sadois et Alex Costanzo, les deux boss du festival même s’ils préfèrent dire que la manifestation est le fait «d’une équipe pensante». «On s’est connu sur les planches. Je jouais dans un groupe» raconte Alex. «Moi j’étais déjà avec la compagnie du Grenier à Sel. Entre nous, ça a tout de suite matché» se remémore Gérard. Alex reprend le manche : «Le festival est devenu une histoire de potos. Et ça ne pourrait pas fonctionner autrement.» Nicolas Pinot, lui, s’est exilé en Auvergne pendant quelques années. «Quand je suis revenu à Issoudun, c’était l’année où le festival accueillait Charlélie Couture. J’y suis allé et…» Et celui qui est devenu le patron du bar Le Jardin il y a 7 ans n’a plus quitté la bande, se chargeant de gérer réseaux sociaux et communication de tout le festival ; laissant aussi le soin à d’autres cafetiers d’accueillir les after : «Comment en organiser au Jardin alors que je suis constamment au Centre des Congrès??!»

Réunir Gérard, Alex et Nicolas pour parler du FGI, c’était l’assurance d’avoir sous la main le canal historique. C’était prendre le risque, aussi, de voir la conversation s’étirer en longueur et partir dans tous les sens, surtout vers celui de la déconne. Agitez une guitare sous leurs nez et ils reviennent toutefois aux choses essentielles : la perspective d’un festival qui se profile à l’horizon et qui était dans les cartons depuis février 2020. COVID oblige, le FGI a baissé pavillon l’an dernier. «Fin octobre 2020, c’est la première fois que je n’avais rien à faire» se navre encore Alex. «Du coup, c’est un peu comme des retrouvailles» estime Nicolas. «En temps normal, la préparation du festival, c’est quatre réunions dans l’année. En février, on a notre programmation et ensuite, chaque strate de bénévoles travaille à son niveau. Pendant les confinements, on se voyait en visioconférence. Tu parles, c’était 10 minutes pour parler du festival et une heure à dire des conneries !» se souvient Gérard Sadois.
Fin de festival très rock

Le grand moustachu poursuit : «En juin, à cause de la situation sanitaire, on se demandait surtout ce qu’on pourrait ne pas faire dans cette édition 2021. Le pass sanitaire a réglé le problème et début septembre, on a pris la décision d’y aller. Sans le pass, plein de choses auraient été injouables.» Les trois amis ont donc donné le top départ à tous les bénévoles (40 à 50) et se préparent à vivre une édition mémorable avec tout ce qui fait le sel du FGI : les concerts à domicile, la guitare broc’, le village des métiers et ses luthiers ou ses spécialistes du bois. Et cette programmation dont ils sont particulièrement fiers «surtout cette fin de festival très rock avec Gaëlle Buswel (photo) et Laura Cox. C’est compliqué de dire quelle affiche nous plaît le plus, mais là, avec ces deux filles, ça va être fort» pronostique Alex Costanzo. «Il y aura quand même des masterclasses intéressantes, notamment celle avec Serge Teyssot-Gay (le guitariste de Noir Désir, ndlr)» estime pour sa part Nicolas Pinot. «Il y a aussi une conférence sur le rockabilly. C’est la preuve que l’on a une programmation variée, souffle Gérard Sadois. En fait, le festival repose sur un modèle, un canevas, et on s’y tient.»
Le propos n’est pas anodin. C’est ainsi que le Festival Guitare Issoudun a pu s’installer parmi les grands rendez-vous musicaux de l’Indre, qu’il essaime avec les concerts à domicile – Argenton, Saint-Georges-sur-Arnon, Paudy ou Vic-sur-Nahon – et qu’il n’a jamais voulu modifier son ADN : «Un festival 100% guitare. Ici le spectateur est un puriste. Nous avons démarré simplement. Comme le dit le jazzman Bernard Lubat, on a grandi sans grossir, se réjouit Gérard Sadois. En fait, je ne sais pas de quoi je suis le plus fier : du festival ou de la bande de copains qui s’est formée au fur et à mesure des années et où on se fait tous confiance.»
Après une année de disette, il n’y a finalement qu’une seule chose qui changera cette année : la radio du FGI s’est définitivement éteinte. Au profit d’une web TV. Son plateau sera installé en bonne place dans le coeur du festival aux déjà plus de 150 concerts. «Une organisation qui ne compte aucun professionnel, mais qui a une qualité d’accueil professionnelle!» Allez vérifier par vous-même.
Festival Guitare Issoudun
www.issoudun-guitare.com
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