Patin maudit pour les Pirnanas

Sans entamer leur bonne humeur, la pandémie a ébranlé l’équipe

par Nicolas Tavarès

Vous cherchez un défouloir à roulettes et vous avez l’esprit de camaraderie. Pas peur des coups ? Le roller derby, sport féminin, est fait pour vous. Les Pirnanas de Châteauroux vous attendent. Vite.

D’abord oublier les idées préconçues : non, pratiquer le roller derby n’impose pas de savoir faire du patin à roulettes ! Tôt ou tard, ça aidera. Mais ça ne vous ferme en aucune manière les portes du gymnase Jablonsky de Châteauroux. «On accepte toute le monde ; il n’y a aucun critère particulier pour jouer sinon celui de ne pas avoir trop peur des coups» assène Karen Touratier, chef de file des Pirnanas. À ses côtés, Élodie Charrier acquiesce : «J’en suis à ma quatrième saison. Je faisais du handball, mais je ne trouvais pas ma place. Quand je suis arrivée chez les Pirnanas, je ne savais pas patiner, je me tenais à la barre.»

Karen Touratier, la chef de file des Pirnanas

Quatre ans plus tard, Élodie est bien dans son corps, bien dans ses rollers et a gagné avec son « derby name » – le surnom dont s’affuble les pratiquantes et qui en dit long sur la personnalité de chacune -, le respect de ses coéquipières. Elle s’est « Art Ki Tech », bloqueuse chez les Pirnanas et fière de l’être : «On vient toutes d’horizons différents. Dans le groupe chaque fille m’apporte quelque chose. On échange beaucoup.» Karen, « Lagertha » sur les patins, reprend la parole : «Dans le club, on a une élagueuse, une architecte, des employées de la pénitentiaire.» Dans la vie de tous les jours, Karen est infirmière et trouve donc dans la pratique du roller derby un exutoire bien venu en période de COVID.

Une devise qui claque

Le virus, justement, n’a pas épargné les Pirnanas. «Avant la pandémie, nous étions une trentaine. On ne jouait pas en championnat, mais nous commencions à avoir le niveau pour. On participait à des tournois, nous avons accueilli un stage de l’équipe de France masculine. Nous avons même Romane Bonnetat (« Mort’back ») qui a été repérée et sélectionnée en équipe de France junior. Malheureusement, avec le COVID, elle a été privée de Mondial. Aujourd’hui nous sommes retombées à 10 filles et il faut au moins 14 filles pour tenir tout un match.»

Lors du forum des associations, début septembre, les Pirnanas se sont faites remarquer pour tenter d’attirer de nouvelles adeptes et renforcer, aussi, le groupe junior sur lesquelles le club porte de grands espoirs. Bandana autour de la tête ; débardeur aux armes du club – une pin’up dans le plus pur style 50’s -, féminine jusqu’au bout des doigts. La petite troupe a ménagé ses effets pour la bonne cause, celle d’un sport méconnu. «Un sport un peu orphelin comme tous les sports originaux» martele Karen Touratier.

«Le roller derby est né aux États-Unis dans les années 50. Son ancêtre, c’était le roller catch. La discipline a beaucoup évolué depuis. Le look 50’s ou la pin-up qui nous sert de logos, on les assume parfaitement. C’est l’histoire du roller.» Ajoutez à cela une devise à en faire frémir certaines : «Tout cul tendu mérite son dû», «une phrase que répétait souvent ma grand-mère» explique Karen dans un éclat de rire, et vous devinerez que les Pirnanas, c’est tout un état d’esprit.

«Notre but, c’est de se défouler et se faire plaisir. J’ai vu beaucoup de filles s’épanouir dans l’équipe, insiste Karen. On a l’impression de repartir de zéro. Nos entraîneurs sont partis ; l’une de nos joueuses avait passé ses diplômes, mais elle s’est blessée.» Reste Karen, Élodie et quelques autres qui vont aller prêcher la bonne parole à l’IUT ou mettre sur pied des démonstrations histoire de ramener du monde à Jablonsky.

Les Pirnanas & les Piranhas
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Les Piranhas

Dans un passé récent, les Piranhas se comptaient à plus de 110 licenciés. Mais confrontés à l’habituelle migration estudiantine, puis surtout à la crise sanitaire, le club de roller hockey de Châteauroux a vu ses effectifs fondre au soleil. Le forum des associations de septembre dernier a fait un bien fou aux dirigeants qui avaient dû se résoudre à travailler main dans la main avec des clubs de la région pour permettre aux jeunes joueurs (U15 à U20) et les seniors N4 d’évoluer en championnat. Avec une offre de roller loisir, hockey et derby (les Pirnanas), les Piranhas espèrent attirer de nouveaux adeptes. «Nous préparons une équipe pour les 24 h du Mans roller et on nous demande de plus en plus d’organiser des sorties nocturnes» explique José Carreiras, chargé de communication du club. Une nouvelle piste de pratique, pour un nouveau souffle…

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