Vivez la Brenne à tire-d’aile

Comme la guifette moustac, le touriste est bienvenu dans le Parc régional

par Nicolas Tavarès

Le Parc naturel régional de la Brenne veut faire de sa quiétude un atout pour attirer les touristes. Un oiseau migrateur emblématique va l’accompagner dans sa quête d’un nouveau public.

Une tête noire, des joues blanches, un dessous gris et un bec rouge foncé. Voilà la tenue d’apparat que revêt, le printemps venu, la chlidonias hybrida, plus communément appelée guifette moustac. Un oiseau migrateur qui s’attire toutes les faveurs du Parc naturel régional de la Brenne. Et pour cause, le volatile a coutume d’y tenir résidence lorsqu’il rentre d’Afrique pour venir nicher et élever ses petits. La Brenne, justement, venait à peine de sortir du confinement que Jean-Paul Chanteguet, président du Parc naturel régional, présentait le plan d’accompagnement de relance touristique en faisant de la guifette moustac une sorte d’ambassadrice ; allant jusqu’à lui consacrer un clip musical de promotion. L’effet recherché ? Faire de ce coin de l’Indre un spot touristique attractif en cet été 2020 qui restera forcément incomparable. «La crise sanitaire va peut-être porter un coup sévère au tourisme de masse auquel devrait se substituer un tourisme à échelle humaine» commente Jean-Paul Chanteguet avec une punchline définitive à l’adresse des touristes : «Faites comme la guifette moustac, venez nous voir en Brenne !»

Dix mesures déclinées dans quatre grands axes ont donc été mises en place fin mai pour que le territoire devienne une destination prisée des vacanciers, originaires de l’Hexagone pour la plupart. Accompagnement des prestataires touristiques, offre adaptée aux contraintes, promotion de l’offre, accueil… Le Parc naturel régional et Destination Brenne, l’office de tourisme, ont mis toutes les chances de leur côté avec un mot d’ordre : «Être réactif et flexible. Lorsque le client veut de l’information, il faut qu’il la trouve immédiatement, insiste Géraldine Chancel, responsable du tourisme. Il faut que le visiteur puisse se projeter dans son séjour.» Dans les faits cela se traduit par des efforts portés, entre autres, sur les observatoires du Parc. La Brenne se cultive en effet en liberté et dès la mi-juin, les observatoires ont été rouverts au public. Mais ce dernier est invité à suivre les mesures sanitaires en vigueur et à se munir de son propre matériel d’observation avant de profiter de la faune sauvage.

Animations maintenues

Les réseaux sociaux (Facebook et Instagram) relaient évidemment la moindre information. Les sorties et randonnées ont également été pensées et testées dès la mi-mai pour respecter les mesures sanitaires en vigueur (nombre de participants limités à 8, durée des sorties aménagée, port du masque, gel hydroalcoolique obligatoires, paiement en ligne). Géraldine Chancel n’hésite pas à dire «qu’il y a eu une véritable redécouverte de la Brenne pour nous.» Mais l’essentiel est là, la majorité des animations du Parc restent programmées. «La machine touristique est activée, clame Jean- Paul Chanteguet. Nous ne sommes pas un territoire de surfréquentation alors faisons parler de nous ! L’envie de vacances n’a pas disparu. Il suffit juste d’adapter l’offre en anticipant et en rassurant. C’est une opportunité pour le Parc et pour Destination Brenne. Notre territoire rime avec nature et espace de ressourcement.»

Autant dire que les visiteurs vont profiter d’un accueil quatre étoiles et qu’après un séjour en Brenne, la guifette moustac n’aura plus de secret pour eux.

Parc naturel régional de la Brenne
www.destination-brenne.fr
Facebook : Parc naturel régional de la Brenne

Un guide entre papillon et dragon…

Tony Williams, 68 ans, est Gallois. Le dragon emblématique du pays, il le revendique fièrement. Mais depuis 1982, Tony Williams est surtout Brennou. «Je travaillais pour le Museum d’histoire naturelle et j’ai été invité par Jacques Trotignon (ancien directeur de la réserve naturelle de Chérine, ndlr) pour une mission de trois mois afin de recenser les oiseaux nicheurs. Je ne suis jamais reparti. J’ai eu un véritable coup de coeur pour la région.» Diplômé en zoologie appliquée, Tony figure au rang des guides qui interviennent pour les visiteurs du Parc régional. Sa spécialité ? «Les papillons, les oiseaux. Je pense être l’un des guides du coin qui connaît le mieux les papillons. J’accompagne régulièrement les touristes étrangers pour des sorties en langue anglaise.» Retraité et auto-entrepreneur, Tony Williams sort son filet et ses jumelles une trentaine de fois dans l’année. Il est également guide pour des séjours plus longs, généralement d’une semaine, «deux en Brenne, mais aussi dans les Cévennes, à Narbonne, Madagascar ou en Tanzanie.» Mais son havre de paix, c’est bien la Brenne et plus particulièrement Rosnay où il s’est installé.

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