Galerie pour femmes
La Maison Melem expose l’art contemporain au féminin
par Nicolas Tavarès

Ouverte depuis septembre, la Maison Melem à Châteauroux vient bousculer l’ordre établi dans l’art contemporain.
Depuis un an, La Maison Melem existe via le net et un compte Instagram. À la mi-septembre, le virtuel est enfin devenu concret sous la forme d’une galerie d’art contemporain située dans le vieux Châteauroux. La Maison, parce que Myde (Marina Yrime Dibleu à la ville) veut que l’on s’y sente chez soi. Melem, comme le prénom de sa fille, artiste en herbe de 12 ans à qui l’on doit le concept. «Nous regardions un documentaire sur l’art contemporain et Melem était révoltée de voir que l’on ne parlait que d’artistes hommes. Elle a lancé : « Lorsque je serai grande, je ferai une galerie d’art uniquement pour les femmes ! » J’ai repris son idée avec cette envie de se démarquer des autres galeries. C’était une manière pour moi de réajuster ce déséquilibre. Nous avons tant à montrer et à démontrer.»
Dans La Maison Melem, ces messieurs restent les bienvenus, mais uniquement pour découvrir les oeuvres exposées, en l’occurrence celles de Muriel Ferstenberg, amie parisienne, qui a accroché la première ses toiles aux murs castelroussins. Sa maîtrise de l’acrylique et sa technique de papier marouflé sur toile – «en quelque sorte son ADN qu’elle expose au milieu d’une explosion de couleurs entre art abstrait et figuratif» -, a fait grand effet. Depuis le 22 novembre et jusqu’au 20 décembre, Myde donne à découvrir un tout autre univers, celui de l’artiste locale Astrid Yael Janet, illustratrice aux inspirations enfantines qui présente également des poèmes. Car Myde l’annonce, La Maison Melem a vocation à mettre en lumière l’art sous toutes ses coutures. «J’ai énormément de projets pour 2022, notamment avec des associations pour les femmes victimes de violences conjugales. Il y aura également des rencontres et même de petits concerts.» En plus d’être férue d’art contemporain, Myde, journaliste de formation, se pique de composer et d’interpréter. «Je chante, je sors un recueil de poèmes également. Je suis issue d’une famille artiste dans l’âme…»
A Châteauroux pour sa tranquillité
Il existe une Maison Melem Afrique, prolongation ivoirienne de la galerie castelroussine où oeuvre Mekdess Coquillard «chargée de recruter des artistes africaines. Pour ma part je me charge de la France et de l’Europe.» Myde était venue s’installer dans l’Indre il y a un peu plus de deux ans «parce que j’en avais assez de la vie parisienne, j’aspirais au calme. J’ai trouvé cette tranquillité à Châteauroux.» La voilà désormais prête à bousculer cette sérénité indrienne. Au point de se dire que La Maison Melem telle qu’elle existe actuellement sera bientôt trop petite pour tous les projets qu’elle entend y mener.
La Maison Melem
4, rue Bertrand à Châteauroux
Tél. : 06 11 64 08 51
www.lamaisonmelem.com