Faites le vide (dressing)

À Châteauroux, la seconde main a le vent en poupe avec le Club Cherry et les Suzettes

Un côté roots assumé pour les unes ; une approche 2.0 clairement revendiquée pour les autres. Et au milieu, les vêtements de seconde main que vient se partager une clientèle séduite par la formule du vide-dressing. En octobre dernier, la braderie d’automne de Châteauroux avait attiré de nombreux badauds. Surfant sur l’événement, chacun dans un coffee shop distant de quelques centaines de mètres, les Suzettes et le Club Cherry faisaient également le plein avec leur vide-dressing et ont vu les portants se vider aidés en cela par des prix abordables, la variété des pièces présentées et l’esprit de ces rendez-vous qui se démarquent des commerces installés puisque «ce sont des vêtements qui dorment dans les placards qui sont proposés» pose d’emblée Stéphanie Touzet, des Suzettes, l’association qu’elle a créée en 2014.

Le premier faits d’armes de cette bande de copines accompagna les Comptoirs Sonores, mini festival du Bruit qui Tourne, un bar de la rue Grande à Châteauroux. Les Suzettes organisèrent un autre vide-dressing quelques mois plus tard avec La Dernière Séance, toujours dans le quartier piétonnier. «Nous avions fait une vente à 1500 pièces» se souvient Stéphanie. Récemment, l’Albert Coffee Shop est devenu le lieu de villégiature de ces dames qui organisent deux à trois vide-dressing par an. Avec les années justement, les Suzettes ont imposé leur style. Mobilisation de la communauté via les réseaux sociaux, puis un groupe de membres (5€ l’adhésion) va préparer les pièces mises en vente sur les portants.

Des ventes privées la veille

«Nous ne proposons que du vêtement de seconde main. On a du vintage, du vêtement à Mamie, de l’achat de l’année précédente, voire même du gilet tricoté par la grand-mère.» La veille, et depuis deux ans maintenant, chaque suzette peut inviter 5 personnes à une vente privée ; le jour J, les duos de Suzettes se relaient pour accueillir les clientes qui découvrent les pièces dans une ambiance DJ set, une constante depuis la première édition.

Mais Stéphanie a ajouté une subtilité dans le fonctionnement de l’association: «J’essaye de faire en sorte qu’il y ait régulièrement de nouvelles suzettes parce que sinon, tu te retrouves avec les mêmes pièces d’une vente à l’autre. On veille également à ce qu’il y ait des morphologies différentes pour présenter un large panel de tailles. Voilà pourquoi le rythme de deux-trois ventes à l’année nous convient bien.» La formule est convaincante puisque les Suzettes ont été sollicitées pour organiser un prochain vide-dressing à Argenton.

Au Club Cherry, à moyen terme, on envisage également de voyager mais hors des frontières de l’Indre, notamment vers Bourges parce que de Cherry à Berry il n’y a qu’un pas. Mais pour l’heure, le projet lancé à l’automne par Mathilde Mercier et Marine Adeline Lafarcinade a besoin de prendre ses marques. Pour ses deux premiers évènements, le Club Cherry a fait ouvrir deux établissements habituellement fermé le dimanche: le restaurant Casa Corsa puis le Family Coffee Shop. Du gagnant-gagnant pour tout le monde et l’occasion pour le Club Cherry de donner des thématiques à ses rendez-vous. Dès le départ, Mathilde et Marine, rencontrées sur les bancs du lycée PMC, devaient se partager les rôles. Le commercial pour la première ; le marketing et la communication pour la seconde.

Nombre de pièces limité

Seulement Marine a dû quitter Châteauroux au début de l’hiver, obligeant Mathilde à se réorganiser et à afficher seule ses convictions : «À une époque où il faut faire attention à son argent, Club Cherry est là pour engager les gens sur la voie de la seconde main. Organiser un vide-dressing était une lubie, insiste-t-elle. Cela passe par beaucoup de travail en back office. Nous allons visiter votre dressing, le nombre de pièces à vendre est limité. Nous avons créé une identité de marque, les vêtements sont exposés. Nous sommes là pour valoriser les vêtements et faciliter l’achat de nos visiteurs par l’étiquetage de l’ensemble des vêtements et au final un seul paiement.»

Mathilde convient que les retours sont positifs : «En surfant sur la braderie, on a fidélisé une clientèle, mais nous avons encore des réglages à faire. Toute la palette des tailles n’est pas disponible» note par exemple la Castelroussine qui s’autorise les collaborations pour développer le projet. Instagram sert de vitrine au Club Cherry qui envisage lui aussi les ventes privées la veille d’un prochain vide-dressing. Comme les Suzettes, il attend maintenant le printemps pour ressortir les portants. Mathilde parle de continuer à développer la mode homme et regarde déjà vers la mode enfant ; Stéphanie, elle, veut conserver l’esprit bienveillant des débuts: «On ne gagne rien sur le vide-dressing si ce n’est y faire de belles rencontres».

Club Cherry
IG : @leclubcherry

Les Suzettes
FB : vide-dressing des suzettes

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