Ambassadeurs du goût local

Au salon de la gastronomie de Châteauroux avec des producteurs du cru

par Nicolas Tavarès

Un salon de la gastronomie, c’est la certitude de partir dans un tour de France des saveurs. Focus berrichon sur Tata Chev’, Cocoripop et la Safranière du Petit Mée...

Le salon de la gastronomie et des vins de Châteauroux (22 au 24 novembre), Séverine Van Hasselaar et Emmanuel Dupuis ne s’en font pas un monde. Il en faudrait plus. Mais pour eux, le rendez-vous qu’ils vont découvrir sera essentiel pour le développement de leur petite entreprise. Séverine, exploitante agricole à Saint-Christophe-en-Bazelle depuis 2010, mène un troupeau de 400 chèvres dont le lait est valorisé pour les appellations AOP Selles et Valençay. Depuis début septembre, elle commercialise ses yaourts parfumés aux huiles essentielles sous l’étiquette Tata Chev’. Emmanuel, lui, a essayé de vivre de la musique une quinzaine d’années durant au sein de groupes de rock qui ont eu une petite notoriété. «Mon père est agriculteur, j’ai eu envie de faire un retour aux sources.» Ce sera avec son projet Cocoripop. C’est à Feux, près de Sancerre, qu’il le mène avec sa compagne. «J’ai d’abord été producteur de safran et c’est en voulant faire des bonbons que m’est venu le goût pour la confiserie.»

Il y a huit mois est donc né Cocoripop qui fait dans la confiserie bio. Pralines, amandes, noisettes, graines de courge, noix et pop-corn enrobés ! «Je sélectionne ma matière première quasiment exclusivement auprès de producteurs locaux. Pour le maïs, c’est par contre dans le Gers que j’ai dû me fournir. Je le fais ensuite éclater chez moi, dans une grosse machine à pop-corn de fête foraine. Le plus gros de mon travail, c’est l’enrobage avec du caramel au beurre salé de Guérande.» S’il s’est d’abord montré dans les marchés de producteurs, Emmanuel a très vite approché les épiceries fines, magasins de producteurs ou boutiques bio. Dans l’Indre, la marque Cocoripop est déjà présente chez « Ethique et Bio » à Issoudun ou chez « On passe au Vrac » à La Châtre (lire ici). «Châteauroux sera seulement mon deuxième salon après celui de Bourges (1er au 3 novembre). Il y a beaucoup de monde. C’est le meilleur moyen pour se faire connaître.» Séverine Van Hasselaar ne dit rien d’autre. En participant au salon castelroussin, elle va se confronter à l’avis du grand public. Le yaourt au lait de chèvre sort en effet des sentiers battus.

Longue mise en route

«C’était il y a deux ans. La mise en route du projet a été longue. Mais c’était normal, il fallait monter le labo, obtenir l’agrément, suivre des formations. Pour faire les choses bien, il faut savoir prendre son temps. C’est justement pendant ces formations, en échangeant avec d’autres, qu’est venue l’idée d’ajouter des huiles essentielles. Nous avons fait des tests. On aurait très bien pu partir sur des arômes chocolat ou caramel comme on trouve beaucoup, mais il fallait se démarquer. Ça a été les huiles essentielles. Au citron, pamplemousse et mandarine. En termes de saveurs, ceux qui l’ont goûté sont surpris, c’est très subtil.»

Membre de « C du Centre » la signature régionale, ou du réseau « Bienvenue à la Ferme« , Séverine est également éleveur témoin de la Fédération nationale des éleveurs de chèvres. Autant de supports qui l’aident à mettre en avant sa jeune marque. Depuis octobre, Tata Chev’ – présent à « L’épicerie des saveurs » à Châteauroux – est lancé dans une campagne de séduction auprès du grand public. Journées gastronomiques de Sologne à Romorantin (25-26 octobre), salon de la gastronomie de Bourges puis Châteauroux : l’automne est décisif. «J’ai plein d’idées. Tata Chev’ n’en est qu’à ses prémices. Je suis en train de travailler sur le salé et même du sucré-salé. On pense également à un yaourt d’hiver aux saveurs de pain d’épices.»

Faites vous votre propre impression. Séverine et Emmanuel seront à leur stand pour une petite dégustation.

Cocoripo à Feux (Cher)
Facebook : Cocoripop-Confiserie biologique

Tata Chev’ à Saint-Christophe-en-Bazelle
Tél.: 06 70 07 27 86

Le safran d’ici

La Clionaise Eliane Quaack est une habituée du salon de la gastronomie où elle présente son safran. Si la cueillette 2019 vient tout juste de s’achever et sera vraisemblablement un bon cru – «une bonne année, pour nous, c’est entre 300 et 450 grammes après émondage» – les visiteurs du salon profiteront de produits dérivés issus de la récolte 2018. «Il faut trois semaines à un mois de séchage pour développer le goût et l’odeur du safran» détaille Eliane Quaack. C’est bien plus tard que la production est déclinée dans une vaste gamme : confitures (agrumes, kiwi-poires, fraise), gelée de pousse d’épine, sirop de framboise, moutarde à l’ancienne, fleur de sel et pain d’épices. autant de produits safranés qui ravissent les papilles.
Safranière du Petit Mée à Clion
Tél. 02 54 38 64 74

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