Avril donne le LA aux festivals

Du géant berruyer au petit poucet néonnais, c’est reparti pour la saison des festivals…

par Nicolas Tavarès

Il y a les habitués du premier rang, accrochés aux crash barrières pour ne rien manquer du concert. Un bout de trottoir suffira à d’autres pour apprécier la douce folie d’une compagnie tournée vers les arts de la rue. Loin du tumulte rock ou des éclats de rire au ras du bitume, les mélomanes préféreront la sonate au clair de lune dans la douceur de l’été. Tous ont en commun de voir arriver avril avec la même impatience car c’est le signe du coup d’envoi imminent de la saison des festivals. Il y a un an de cela, certains organisateurs avaient pu craindre le pire avec l’annonce d’une possible mise en stand-by possible des festivals de l’été, sacrifiés sur l’autel de Paris 2024. Au final, quasiment aucune interdiction à déplorer. Mais l’hiver, lui, a fait son office pour bouleverser le paysage. Usure des bénévoles, finances exsangues ou tout simplement besoin de souffler, certains événements s’effacent. D’autres apparaissent ou réapparaissent.

Valençay s’électrise

Avril est donc là et c’est le festival Nour’Africa (19 au 21 avril) qui va essuyer les plâtres au rythme chaloupé de la rumba congolaise. Il sera suivi de près par le Printemps de Bourges (23 au 28 avril), mastodonte musical qui ouvre la saison hexagonale chez nos voisins chériens. Au rang des nouveautés, le Revoluktion One (8 juin), s’annonce turbulent ; il promet même de faire trembler les vitres du château de Valençay avec son électro ébouriffante pour laquelle une jauge de 2000 à 2500 spectateurs sera prévue. Le pari est osé, mais l’association Luçay Media & Fun (à qui l’on devait déjà le Solar Fantasy) et le directeur du château, se sont bien trouvés : «C’est eux qui ont fait la démarche de venir me voir, mais je voulais aussi les rencontrer, raconte Alexis Rousseau-Jouhennet. Ils sont très professionnels dans leur approche. Oui, c’est un pari, mais cela fait partie des nombreux rendez-vous qu’il y aura au château cette saison.»

Parmi eux, les Diplomatiques, de retour à l’automne alors que le festival Talleyrand, lui, n’est pas reconduit. Toujours au rayon des renaissances, les fans de metal ont déjà coché les 25, 26 et 27 octobre. Le Firemaster Rock Metal et ses racines issoldunoises s’emparent du Pepsi et ça va remuer après une année de réflexion. Aux portes du Loir-et-Cher, les amateurs de jazz seront ravis d’apprendre la résurgence du Meusnes in Jazz (8 juin). Mais on l’a dit, l’agenda 2024 sera malheureusement allégé du festival Eva Ganizate à Saint-Benoît-du-Sault, du Mercuria à Argenton ou de la Saint Glin-Glin à Lignac. Le doute persiste encore sur la tenue d’un deuxième Elektro Isle Sonore dans la cité castelroussine.

D’un printemps à l’autre

La date choisie par le Bruit qui Tourne et la Guinguette de Belle-Isle, co-organisateurs, tombe en plein dans les Jeux Paralympiques. On imagine le peu de considération qu’aura Paris 2024 pour trois ou quatre groupes électros émergents souhaitant ambiancer les berges de l’étang de Belle-Isle. À propos de considération, justement, et inspirés par la tenue du Printemps des Cerises (27 avril) à Néons-sur-Creuse, nous avons demandé à Jean- Michel Dupas (photo ci-dessus), programmateur du Printemps de Bourges, quel regard il portait sur les petits festivals ? «Un regard bienveillant. Un festival qui se tient en même temps que le Printemps (de Bourges) n’est surtout pas pris pour de la concurrence, a-t-il répondu d’emblée. Habituellement, je vais surtout dans les festivals d’émergence européens pour aller voir les nouveautés, mais il m’arrive d’aller dans des petits festivals autour de Nantes (Jean-Michel Dupas y demeure ; il est programmateur du Stereolux, salle de musiques actuelles, ndlr). Plus il y a d’émulation, plus cela génère un élan pour la musique.»

Avec les Lipsticks Vibrators (photo ci-dessus) comme tête d’affiche, le Printemps des Cerises évolue dans une autre catégorie comme le raconte Véronique Champigny, présidente d’Animanéons : «Nous n’avons qu’une jauge de 300 personnes, s’amuse-t-elle. Notre Printemps a été lancé pour soutenir le festival des marionnettes du mois d’août. On propose surtout des groupes alternatifs parce que c’est un style que nous aimions lorsque nous avons créé le festival, mais nous programmons toujours une première partie d’artistes locaux et peu importe le style. Des gens d’ici vont à Bourges, mais nous avons surtout un contact avec Yzeures n’Rock (2 au 4 août). Nous les avons vu grossir. Des membres d’Animanéons ont été bénévoles chez eux.» À eux et tous les autres, nous souhaitons une bonne et grande saison des festivals!

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