BCBC, la bonne pioche d’Agir

Bon Chic Bon Cœur, le site e-commerce social et solidaire

par Nicolas Tavarès

L’association castelroussine AGIR, qui oeuvre pour la réinsertion sociale et professionnelle, s’est lancée dans le e-commerce. Bon Chic Bon Cœur est la première e-boutique de vêtements de seconde main.

Il y a moins d’un an, le e-commerce n’était encore qu’une chimère pour l’association AGIR. Le premier confinement est arrivé, obligeant la structure sociale et solidaire castelroussine à fermer sa boutique de l’avenue des Marins. «Sans la crise sanitaire, nous aurions lancé un site, mais peut-être pas aussi rapidement», admet Alice Gomez, cheffe de projet. Le 20 août dernier, Bon Chic Bon Cœur, première e-boutique de seconde main, se lançait sur la toile. BCBC comme on l’appelle communément n’allait rien inventer. Mais il devenait le premier site du genre à prôner l’économie solidaire. Une friperie au grand coeur où AGIR revendique sa particularité berrichonne en mettant l’accent sur son rôle d’accompagnement dans l’insertion sociale et professionnelle.

Aujourd’hui le site présente 20 000 références rangées dans des thématiques Vintage, Chic, Essentiel, Sport. On y trouve des vêtements d’entrée de gamme, pas chers, mais aussi des articles de qualité, tendances et toujours à des prix raisonnables. Pour donner son rythme de croisière au site, AGIR s’est lancée sur les réseaux sociaux (lire par ailleurs) et s’est appuyée sur une communication qui privilégie l’humain, le tout avec une identité aux couleurs pep’s parfaitement assumée. Très vite, Bon Chic Bon Cœur ne s’est plus contenté de répondre à la demande d’une clientèle locale.

«Nous sommes passés à l’échelle nationale. La portée de BCBC n’était donc plus la même» note Morgan Malherbe, chargé de communication et graphiste. Alice Gomez: «20% de nos commandes partent pour l’Île-de-France. Mais elles proviennent de partout en France. BCBC se développe très bien. Il nous manque juste plus de visibilité.» Pourtant, BCBC a bien démarré. Plus de 10 000 articles ont déjà été vendus et 20 millions de litres d’eau ont été économisés (les secteurs du textile et de la mode sont extrêmement polluants. Consommer de la seconde main permet de limiter l’impact négatif sur l’environnement, ndlr). La cheffe de projet reste toutefois prudente. «Pour nous, ce n’est qu’une première étape. C’est très positif, mais maintenant, il faut qu’il y ait un peu plus de monde qui parle de nous.» Alors l’association s’évertue à attirer l’attention des medias nationaux.

En février dernier, premier coup d’éclat, Bon Chic Bon Cœur a les honneurs de « Carnets de Campagne », l’émission de Philippe Bertrand sur France Inter. «Dans la foulée, il y a eu un pic de plus de 1000 connexions sur le site. Ça a fait sauter le serveur» s’amuse Alice. La première e-boutique de seconde main pouvait alors faire son trou. En coulisses, des changement notables sont apparus. Si AGIR accompagne chaque année plus de 200 personnes, gère la collecte des vêtements dans les fameuses Véti’Box (1 200 tonnes par an), assure le tri dans sa plateforme de Déols et tient boutique aux Marins, le lancement du site BCBC a profondément bousculé son fonctionnement global.

Des mannequins maison

«Quinze personnes ont été mobilisées sur le projet. Elles vont même jusqu’à jouer les mannequins pour présenter sur Instagram les articles mis en ligne.» Une équipe d’encadrement a également été constituée pour tout gérer. Lucinda Marinheiro (responsable technique), Isabelle Joly (encadrante technique) et Lise Levitte (service clients et intégration web) sont venues au soutien. Dans l’arrière-boutique des Marins, tout est répertorié, étiqueté, photographié, pesé, emballé puis expédié partout en France avec une attention particulière. Morgan Malherbe: «Tous nos articles sont enveloppés dans un foulard accompagné d’un petit carton de remerciement signé de la personne qui a préparé le paquet…» Une marque de fabrique signée Bon Chic Bon Cœur. La chose participe d’ailleurs aux excellents retours de la clientèle. Et pour les salariés, c’est tout bénéfice. «Désormais nous leur proposons de nouvelles compétences. L’argent tiré de la vente des vêtements sert à investir dans du nouveau matériel ou à la formation des personnes en réinsertion, poursuit Alice Gomez. Étant donné l’évolution de la friperie, l’économie sociale et solidaire devait prendre sa place sur le net. La solution, c’était de le faire à grande échelle.»

En à peine huit mois d’existence, le pari BCBC est déjà en passe d’être réussi. Il gagne en tout cas à être connu.

Bon Chic Bon Cœur
www.bonchicboncoeur.fr
Facebook : bonchicboncoeur
Instagram : bonchicboncoeur.fr

Réseaux sous influence

La notoriété de Bon Chic Bon Cœur passe par les réseaux sociaux. «Il a fallu rendre le projet attrayant», explique Morgan Malherbe. Promotions ou jeux sont régulièrement organisés. BCBC, présent sur Facebook, Instagram, Twitter et LinkedIn voit sa communauté de followers grossir. «Les vêtements de seconde main, c’est un sujet fort sur les réseaux sociaux» justifie Alice Gomez. Forcément, les influenceurs s’intéressent au projet. «Dayema (photo) a été la première à nous contacter. Aujourd’hui, MaybeTrustMe met en avant le site et présente nos produits.» À moyen terme, AGIR s’est fixé pour objectif «que BCBC et son principe d’économie solidaire soit aussi connu que Vinted !»

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