Belle comme un camion jaune

L’Hirondelle, épicerie bio, fait le printemps à Argenton et aux alentours

par Nicolas Tavarès

Léna Simon (à droite) à la tête d’une équipe de choc.

Née sur les routes du sud Indre, l’Hirondelle, épicerie bio, s’est sédentarisée à Argenton. Le succès devrait même lui faire pousser les murs.

Au départ d’une réussite, il y a parfois une idée un peu folle. Prenez celle de Léna Simon par exemple. Creusoise de naissance, exilée pendant une dizaine d’années en Franche- Comté, elle arrive dans l’Indre en 2011 avec le projet de se lancer en affaire avec Hélène Godet. «Nous étions de très bonnes amies avec l’envie de travailler ensemble. Peu importait le projet ; il fallait simplement que ça ait un lien avec la consommation !» Ce sera donc l’Hirondelle, épicerie bio en itinérance, librement inspirée du « Temps des Cerises » à Eymoutiers (Haute-Vienne). «Pourquoi une épicerie itinérante ? Tout simplement parce que c’était un projet féminin et qu’il y avait dans l’hirondelle le côté itinérant de l’oiseau migrateur. Et puisque nous étions à Rivarennes, le territoire faisait que c’était logique…»

Nous sommes en 2012, un camion-épicerie jaune va peu à peu faire la réputation de l’Hirondelle. «La couleur du camion, nous ne l’avons pas choisie, c’était une opportunité, mais depuis nous sommes restées sur cette couleur, quitte à faire repeindre le véhicule lorsque nous en changions.» Sur les marchés de Saint-Gaultier, La Châtre, Mézières-en- Brenne ou Argenton, l’épicerie bio itinérante va imposer son concept et nouer des contacts solides avec la clientèle invitée à monter dans le camion pour s’y servir. «C’était un concept peu habituel, il a fallu du temps à certains pour oser y monter.»

Une équipe de choc

En 2017, Hélène décide d’emprunter de nouveaux chemins. «Je n’en avais pas fini avec ce projet, je l’ai poursuivi seule, accompagnée d’une salariée», raconte Léna. Mais au gré des marchés, notamment celui d’Argenton, la demande se fait pressante pour une présence plus régulière. «Le marché du samedi matin ne suffisait plus.» En 2019, l’Hirondelle, la boutique, ouvre donc ses portes dans le quartier de la gare. Très vite, l’endroit va faire le plein. «Le côté positif, c’est que nous étions déjà connues grâce aux marchés ; la clientèle a donc suivi.» Le bouche-à-oreille fera le reste au point que les après-midis, l’Hirondelle ne désemplit pas. Le camion jaune, lui, poursuit sa tournée des marchés (lire ci-dessous), mais celui de Mézières a été abandonné au départ d’Hélène.

À l’Hirondelle de la rue de la gare, Léna s’est posée et s’est entourée de Claire et Muriel, Louise prenant la suite au volant. Un vrai projet de femmes, «une équipe de choc, préfère Léna. On a reçu la candidature d’hommes, mais ça s’est fait comme ça.» L’air du temps, lui, pourrait remettre en cause l’existence de l’épicerie sur quatre roues, mais Léna ne veut pas s’y résoudre : «Le camion, c’est un peu l’origine de notre projet. Il offre à l’Hirondelle une visibilité dans le département. C’est un peu un outil de communication !»

La suite de l’aventure ? Elle sera belle, évidemment. L’Hirondelle approvisionne déjà une vingtaine de cantines scolaires, effectue les livraisons à domicile et assure les paniers hebdomadaires de fruits et légumes. Dans ses cartons, Léna a un joli projet d’agrandissement : «Rue de la gare, nous sommes désormais un peu à l’étroit par rapport à ce que nous pourrions encore offrir. Alors oui, la suite, ce sera une boutique plus grande» où les clients continueront de se bousculer parce que sur les bords de Creuse, on est devenu friand de bio.

L’Hirondelle épicerie bio
20, rue de la Gare à Argenton
Tél. : 06 71 59 26 78
Facebook : L’hirondelle épicerie bio et itinérante

Paillettes d’algues et citronnelle

Depuis juin dernier, c’est le nouveau visage de l’Hirondelle itinérante. Après avoir parcouru l’Europe, et notamment les pays de l’Est, Louise a souhaité se poser et a candidaté pour gérer le camion jaune. «J’avais travaillé sur les marchés, mais jamais dans une épicerie. L’Hirondelle correspondait parfaitement à ma philosophie. Avec le camion, je suis autonome, je gère mon stock. Et je commence à connaître les clients !» Ce vendredi pluvieux de décembre, l’Hirondelle est posée à Saint-Gaultier, un marché où tout le monde se connaît, «beaucoup plus calme qu’à La Châtre.» La clientèle arrive pourtant à flux tendu. «Des personnes âgées qui viennent pour deux endives et trois poireaux aussi bien que des couples de 25-30 ans qui viennent prendre de bons fruits pour leurs enfants.» Une cliente descend justement du camion-épicerie où elle a fait ses emplettes : «J’ai hésité à y monter au début, mais tout y est intéressant. Je trouve tout ce dont j’ai besoin. Parfois même des choses qu’il n’y a pas ailleurs.» Mais sa brioche est bien là et Louise lui commande les paillettes d’algues et la citronnelle qui font défaut. Le contact est chaleureux, «l’Hirondelle a une bonne image, on discute beaucoup avec les clients. Le seul souci, c’est qu’avec les masques, on ne voit plus les sourires…»

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