Damien Claite caméra au poing

Le documentariste va mettre sa sensibilité au service de l’image

par Nicolas Tavarès

Longtemps cadreur pour Bip TV, Damien Claite se tourne désormais vers le documentaire. Il prépare un projet qui lui tient à coeur : la place de l’homme dans la maternité.

Dans l’Indre, pour peu que vous soyez un peu sportif ou, à tout le moins, spectateur des grandes manifestations, vous l’avez forcément aperçu ou croisé. Dix ans durant, Damien Claite était l’homme à la caméra sur l’épaule, l’un des cadreurs de Bip TV, la télévision locale, quittée dans le courant 2019. Originaire du Mans où il est né il y a 42 ans, Damien est arrivé dans le département un peu par hasard. «Je voulais faire du théâtre à Tours, mais c’était difficile. J’avais de la famille au Blanc, je me suis retrouvé dans la compagnie du Rêveur du Temps Fou – elle n’existe plus. Je suis arrivé comme ça dans l’Indre, c’était en 2000.»

Au bout du compte, Damien s’installera à Mérigny et fera des infidélités au théâtre, lui préférant la vidéo à laquelle il se formera à Bruxelles : «Pendant un an qu’a duré ma formation là-bas, j’ai travaillé pour une télévision locale en qualité de cadreur.» De retour en France, il intègre donc Bip TV où il restera cantonné à l’actualité sportive : «J’ai toujours considéré qu’une télé locale avait surtout vocation à faire vivre les associations, à mettre en avant le territoire. Alors, oui, parfois il m’a manqué de couvrir quelques grands événements nationaux, mais ç’aura été un vrai plaisir d’aller à la rencontre des gens pas forcément habitués à la télé. En tout cas pas comme en Belgique où une télé locale est perçue comme un média important depuis au moins trente ans !» À la fin 2018, Damien Claite commence pourtant à avoir des envies de changement. Il va suivre une formation d’auteur et réalisateur de documentaires aux Ateliers Varan à Paris. «Je savais que le doc, c’était ma voie. Les trois mois de formation ont été un peu compliqués. C’était court, il fallait y produire un documentaire. J’ai choisi un sujet sur le Red Star, Des cœurs, une étoile

«Comme mis de côté»

Formation validée, Damien mûrit son projet de nouveaux horizons. Dès lors au chômage, il a une idée en tête : elle constituera le fil rouge de son année 2020. «Après la naissance de mes enfants qui ont aujourd’hui 6 et 9 ans, j’ai eu envie de traiter de la maternité. Pas celle du Blanc, où mes enfants sont nés, mais bien sur la place des hommes dans la maternité en général.» Un angle qu’il est allé tirer de sa propre expérience. «J’ai mal vécu chacun des accouchements de ma compagne. Elle, s’est sentie parfaitement accompagnée par l’équipe médicale. Moi, j’étais comme mis de côté. En tout cas c’est comme cela que je l’ai ressenti.» Damien s’est donc renseigné, d’abord auprès d’amis devenus pères comme lui, puis en faisant des recherches sur le sujet.

«Le père n’arrive à la maternité que dans les années 70. Avant cela, il n’est pas présent. Dans le livre « la sociologie de l’accouchement«  (de Béatrice Jacques, 2007, aux Presses Universitaires de France, ndlr), seules quatre pages sont consacrées au rôle de l’homme. On entend souvent de la part des femmes : « Vous ne supporterez jamais l’accouchement ». C’est possible, sauf qu’on ne le saura jamais. Mais la maternité, on la vit pourtant ! Il est naturel que femmes et hommes soient égaux, mais sur cet acte, on ne l’est pas.» Le sujet est complexe voire sensible et Damien le sait. Il s’est donc mis en quête de témoignages, d’hommes évidemment «et pourquoi pas des femmes accompagnantes», qui lui feront part de leur ressenti, positif ou négatif.

Il a également prévu de rencontrer un sociologue. Le documentariste a prévu de promener sa caméra dans toute la région Centre. Il s’attend à quelques réactions : «Moi je veux juste ouvrir le débat.» Le tournage est prévu cet été. Le montage se fera dans la foulée afin que le film soit prêt à la fin de l’année ou tout début 2021. Si vous vous sentez concernés, messieurs, contactez Damien. Votre témoignage ne donnera que plus de poids à son projet.

Mon accouchement à moi
monaccouchementamoi@gmail.com

« Mon clown », un moment fort

Il ne devait s’agir que d’une commande de l’association Atout Brenne du Blanc. L’objet ? Saisir les temps forts d’un stage de théâtre clownesque encadré par Bastien Crinon de la Cie Aurachrome et suivi par des pensionnaires du foyer d’Atout Brenne regroupés dans la Cie l’Envolée Furieuse, un public en situation de handicap mental. «Il n’y avait pas de synopsis, pas de préparation particulière pour ce reportage. Mais au final, c’est allé bien au-delà des trois jours de tournage au Relais des Pas Sages en juillet dernier. J’avais 14h de rush, c’était quelque chose de fort.» Il en reste un documentaire projeté le 30 avril prochain au Studio République du Blanc.

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