Fabrice Hardy s’est mis à l’eau

Rencontre avec le responsable du centre aquatique Balsanéo

par Nicolas Tavarès

On l’a connu handballeur à Issoudun. Il est aujourd’hui le Monsieur activités aquatiques de Châteauroux Métropole, aux manettes, notamment, du futur centre Balsanéo.

«La première fois qu’on est venu ici, on s’est perdu !» Aujourd’hui Fabrice Hardy, responsable des piscines et installations nautiques de Châteauroux Métropole, vous promène dans les entrailles du centre Balsanéo en construction comme si les bassins et les couloirs avaient été montés autour de lui. «Je passe tous mes mercredis ici» se justifie-t-il avec une lueur dans le regard qui vous fait comprendre qu’il a hâte de s’installer définitivement en ces lieux. Le déménagement de son bureau, pour l’heure à l’étage de la piscine à vagues à Belle-Isle, est programmé pour le premier semestre 2021. D’ici là, en contact régulier avec Gil Avérous, premier édile castelroussin, Michel Georjon, son élu de tutelle, ou Antoine Drotz, chef du projet Balsanéo et responsable du service des sports, il suit, entre autres, l’avancée des travaux et prépare l’ouverture du centre nautique, «un équipement dont la portée va rayonner bien au-delà de Châteauroux.»

Fabrice Hardy, 45 ans, trois enfants de 18, 15 et 7 ans, s’est un jour rêvé handballeur professionnel (lire par ailleurs), mais il s’est surtout plu à rester fidèle à son département. Naissance à Châteauroux, enfance à Déols, Issoldunois pour le job et le sport puis, enfin, de retour dans la Préfecture depuis deux ans… Tout au plus concède-t-il quelques années d’infidélité à l’Indre pour ses études à Chartres puis Orléans avant d’avouer son «amour pour (mon) territoire». Détenteur d’un double Brevet d’État multisports et handball, Fabrice a d’abord été employé par le comité de l’Indre de handball (1998 à 2002), «puis j’ai passé le concours de la fonction publique.» Le sésame lui ouvre les portes de la ville d’Issoudun où on le découvre éducateur territorial puis en charge du dispositif périscolaire.

Homme des parquets, il n’a jamais baigné en milieu aquatique. En 2009, ça ne l’empêche toutefois pas de se jeter à l’eau quand il devient directeur de l’ELS, l’Ensemble de Loisirs Sportifs de la sous-préfecture. Là, il va gérer une piscine, un bowling et un squash posés à quelques encablures du gymnase Jean-Macé, l’antre des handballeurs…

Responsable de l’ELS à Issoudun

«Je suis resté à l’ELS jusqu’à la fin des travaux de rénovation en 2018. Un cycle s’achevait. Châteauroux recrutait un responsable des piscines (à vagues, base nautique et baignade à Belle-Isle, et Firmin-Bâtisse à Saint-Jean, ndlr). Le projet Balsanéo y représentait une formidable opportunité professionnelle. C’est riche d’expérience et de travail. Ça n’arrive qu’une seule fois dans la vie.» Son CV et sa connaissance du territoire font le reste. Le 2 janvier 2019, Fabrice Hardy monte dans le bateau castelroussin où il prend très vite ses marques. Ces temps-ci, il passe une bonne partie de son temps à courir entre base nautique de Belle-Isle – où il était référent de l’opération « Bougez à Belle-Isle » pendant les vacances -, sur le chantier de Balsanéo où il forme un binôme détonnant avec Antoine Drotz et dans son bureau au milieu des plans et des dossiers de Balsanéo pour «régler les procédures administratives, établir le règlement intérieur avec les chefs de bassin, les conventions, préparer le recrutement du personnel ou la campagne de promotion à destination des entreprises. Balsanéo a vocation à répondre à la fois au sportif, au loisir et au bien-être.»

Dans quelques semaines, il lui faudra s’employer pour aller chercher par la main ces différents publics qui vont fréquenter le centre aquatique. Une nouvelle page dans la carrière d’un Indrien qui se rêvait handballeur professionnel et qui est finalement comme un poisson dans l’eau.

Le handball, la longue parenthèse

Quelques articles de presse, des captures d’écran dans le téléphone. Fabrice Hardy n’a presque rien gardé de sa carrière de handballeur, une parenthèse de 15 ans dans sa vie. Il en reste toutefois des amis pour la vie, une femme, Élodie, qu’il avait connu dans ses jeunes années en sélection régionale. Et des cicatrices, aussi, souvenirs de blessures qui l’ont poussé à s’éloigner des terrains en 2006 pour troquer, un temps, la casquette de coach. Avant cela, Fabrice, ailier droit, s’est vu joueur pro. Formé au FISC Châteauroux au tout début, il va intégrer le sport études de Chartres ou défendre les couleurs de l’AC Issoudun en challenge Falcony, le championnat de France cadet. Sur sa carte de visite, quelques sélections en équipe de France jeunes sous la houlette de Patrice Canayer, l’emblématique coach de Montpellier. «Je me suis dit que j’étais arrivé alors que c’est là que commençait le travail.» Vice-champion de France junior 1992 avec le sport-et’, il croisera la route des frères Gilles, de Jérôme Fernandez. Mais c’est à Issoudun qu’il fera carrière, intégrant une génération dorée qui ira jusqu’en Nationale 3. «Je ne regrette pas de n’avoir pas découvert d’autres clubs qu’Issoudun» lâche-t-il aujourd’hui, un rien philosophe.

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