Faire du lien social, c’est gratuit

Troisième saison de la Rue de la Gratuité pour le collectif castelroussin

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© Rue de la Gratuité

Initialement programmée avant les fêtes de Noël, la Rue de la Gratuité aura finalement lieu le 7 janvier, place Monestier. La transition citoyenne fait des émules.

Donner sans recevoir en échange, voilà qui, de prime abord, peut paraître déconcertant. Une question d’éducation sans doute. C’est pourtant ce principe qui régit la Rue de la Gratuité, une manifestation du collectif du même nom, issu d’un autre collectif informel : Transition Indre (voir ci-contre). « C’est une idée complètement utopique, admet Katia Valade, l’une des voix du collectif. Utopique, oui, mais réalisable ! »

La preuve ? A raison de trois manifestations par an depuis 2014, le collectif a rapidement trouvé son public, qu’il s’agisse des rues de la gratuité organisées place Monestier ou dans les quartiers Beaulieu, Saint-Jean ou Saint-Christophe. « Les habitués ont compris la philosophie de la manifestation, mais c’est vrai que très souvent, au départ, les gens ont du mal à croire que ce soit gratuit. » Et pourtant… Les objets déposés par qui veut, s’offrent à ceux qui en ont besoin.

En résumé, je dépose, je trouve, je prends. La monnaie sonnante et trébuchante est priée de rester à la porte. « Il nous arrive parfois d’avoir des interlocuteurs qui n’ont rien à déposer sur les stands et qui souhaitent donner de l’argent. Nous nous y refusons » prévient Katia. Et la jeune femme ajoute : « Nous ne voulons pas être dans une logique de consommation à outrance » et l’on comprend que l’intérêt de la rue de la gratuité est ailleurs. « Nous mettons en avant des actions citoyennes, nous sommes également présents pour expliquer ce qu’est la transition. La rue de la gratuité, c’est du lien social. »

Un endroit où tout un chacun – « toutes classes sociales confondues » – aura trois heures, pas une de plus, pour déposer ou trouver un objet ou jusqu’à 10 par famille.
La rue de la gratuité réserve parfois d’incroyables surprises. Katia : « Lors de la première édition, deux voitures ont été données ! L’une par l’un des membres du collectif, l’autre par un particulier qui n’en avait plus besoin. Il a fallu rassurer la personne qui la récupérait. Lui expliquer qu’il n’y avait ni arnaque, ni vice dans la voiture ! »

Transition Indre, le collectif informel

La Rue de la Gratuité figure au rang des actions menées par le Collectif Transition Indre créé de manière informelle en 2014. Il regroupe des citoyens de l’Indre engagés dans différentes associations centrées sur l’environnement, la santé, l’alimentation, le lien social, le soutien à l’agriculture biologique ou au jardinage biologique.

Deux voitures données !

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© Rue de la Gratuité

Pour les objets intégrant la charte (voir par ailleurs) mais présentant un trop grand volume, les organisateurs prévoient un tableau au cœur de leur petit village improvisé. Chacun est alors invité à y inscrire ce qu’il donne pour un retrait ultérieur. La formule, qui trouve un écho un peu partout dans l’Hexagone – « Il existe même des festivals de la rue de la gratuité », devrait du reste faire des petits dans l’Indre. Le collectif a en effet été approché pour initier des actions à Buzançais ou Le Blanc. « Nous sommes un petit collectif qui a du mal à répondre à toutes les demandes, avoue encore Katia. D’ailleurs, pour le 7 janvier, nous recherchons des bénévoles pour préparer ou tenir les stands. Donc comme nous ne sommes pas nombreux, nous avons simulé une rue de la gratuité sur un stand au Blanc. »

Mais c’est une autre histoire. Accordons-nous sur la prochaine rue de la gratuité castelroussine. Vous voulez faire des organisateurs heureux ? Trouvez-leur quelques portants et amenez-les leur un peu avant l’ouverture de la manifestation. Ils sauront quoi en faire !

Rue de la Gratuité
Samedi 7 janvier, de 14h à 17h
Place Monestier à Châteauroux
Site Collectif Transition Indre : https://convergencesverslatransition.wordpress.com/

La Charte est dans la rue

Le collectif de la Rue de la Gratuité a posé les bases d’une charte pour que chacun prenne la mesure de la philosophie qui l’anime. Ses membres préviennent que l’événement n’est surtout pas un vide-grenier. C’est avant tout dans un but de solidarité, d’anti-gaspillage, de recyclage et de réemploi d’objets que la manifestation a lieu.
Les objets déposés doivent être en bon état de marche, facilement transportables et surtout récupérés au terme de la journée s’ils n’ont pas été emportés. Sont prohibés, les médicaments, les aliments entamés, l’alcool, les cigarettes, les armes, les plantes invasives et autres objets dangereux.
Le preneur, pour sa part, s’engage à emporter un maximum de 10 objets par famille, sans but lucratif et dans un esprit de savoir-vivre évident, il ne faudra pas contester un objet à une personne qui l’a préalablement choisi. Et surtout, ayez en tête que Rue de la Gratuité, vous n’êtes pas obligés de donner pour recevoir…

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