Fish in Street : leurre de séduire

À Châteauroux, on prend le contre-pied des codes de la pêche urbaine

par Nicolas Tavarès

Dans la pratique du street fishing, un type de pêche en milieu urbain, chacun sait que la longueur est un critère fondamental lorsqu’elle se décline en mode compétition. «C’est la taille qui compte !» confirme Stéphane Robin, secrétaire général de la Fédération de pêche 36, quand on évoque les règles du Fish in Street®. «C’est un véritable outil promotionnel pour nous. Avec le Festival de Palmes, ce sont nos deux plus grosses compétitions.» Ce rendez-vous carnassiers permet même à Châteauroux de se glisser dans le top 5 national des plus belles épreuves du genre. Il s’adresse en effet à tous les publics, du débutant au pêcheur expérimenté, du compétiteur solitaire aux familles. Son côté itinérant est un atout supplémentaire. Maîtriser la tactique, soigner son quota de prises et bien choisir ses leurres finissent de séduire les plus endurcis.

«Le départ de la compétition est donné à 9h pour six heures de pêche durant lesquelles les pêcheurs arpentent les rives de la Coulée verte, du pont de Déols à l’hippodrome de Châteauroux soit 8 à 9km, détaille Stéphane Robin. Chaque participant a ses préférences, certains partent même en courant au top départ pour aller s’installer sur le coin le plus intéressant.» Perches, brochets, chevesnes, silures ou sandres n’ont plus qu’à mordre à l’hameçon. Ils seront rejetés à l’eau une fois mesurés et photographiés. Stéphane Robin se souvient qu’au lancement du projet, en 2012, le Fish in Street® «était un moyen de cibler de nouveaux pêcheurs, les jeunes, et de les amener vers une pratique très accessible. Il faut d’ailleurs rendre le mérite qui lui appartient à Freddy Renault, animateur de la Fédération, d’avoir lancé cette compétition avec la volonté de prendre le street fishing à contre courant.»

Une marque déposée

Né dans les années 80 en Asie, le street fishing a débarqué en France à l’orée des années 2000, d’abord à Strasbourg avant de s’emparer de Lyon ou Paris. Dans l’Indre, la Fédération de pêche a donc donné naissance à une compétition à marque déposée en respectant les codes de la discipline. «Nous avons toujours associé le Fish in Street® à l’art urbain. Le graffeur Eskimo nous a longtemps accompagnés, rappelle Stéphane Robin. D’ailleurs, les premières années, les trophées que nous remettions étaient des bombes aérosols utilisées par Eskimo.»

Mais le secrétaire général sait bien que les mouches ne s’attrapent pas avec du vinaigre. Alors, bien vite, le Fish in Street® castelroussin s’est imposé comme «une compétition moins urbaine avec ses berges naturelles plutôt que des quais bétonnés parisiens». Ses promoteurs l’ont également voulu digne d’intérêt. «Il faut être attractif pour faire venir les compétiteurs» admet ainsi Stéphane Robin. Conséquence, le lauréat de l’épreuve repartira avec en poche un séjour de pêche en mer accompagné par un guide.

Objectif 100 pêcheurs

Stéphane Robin : «Nous avions fixé le nombre de participants maximum à 100 pêcheurs. Une participation en rapport avec le potentiel de l’Indre. L’an dernier, nous étions 104. Il faut maintenir tout ça désormais.» Un défi qui ne devrait pas être compliqué à relever. Comme déjà expliqué plus haut, le street fishing repose sur une pêche au leurre relativement démocratisée en plus d’être ludique et conviviale. Nicolas Moulin, responsable du magasin Idéal Pêche à Cap Sud et partenaire de l’épreuve castelroussine : «On est face à une pêche qui n’est pas trop chère et formatrice pour les jeunes. On démarre tous comme ça. Il m’arrive assez souvent d’aller pêcher une heure sur une berge à la sortie du boulot. En termes de tarifs, pour 200€, vous avez une canne et un moulinet. À 100€, on démarre les leurres. Avec cinq ou six différents, vous pourrez déjà cibler pas mal d’espèces. En plus, on peut pêcher de la fin avril à la fin du mois de janvier.»

Stéphane Robin vient compléter le propos : «C’est une pêche qu’on appréhende comme on veut, quasiment à la carte. Elle a un côté très fun.» Pour participer au Fish in Street®, il vous en coûtera 15€ d’engagement. La carte de pêche est obligatoire (7€ pour la carte enfant, 105€ pour un adulte). Une fois le pas pris, vous pourrez pousser plus loin votre découverte de l’activité. Stéphane Robin porte à ce sujet un message qui lui tient à coeur et qui parle au grand public : «J’ai tendance à dire que le pêcheur est la première sentinelle en matière d’environnement. Un pêcheur signalera toujours le moindre problème avec l’eau. N’oublions pas que la Fédération de pêche 36 est une association agréée pour la pêche et la protection du milieu aquatique.» Les leurres n’attendent plus que vous…
Fish in Street®
Dimanche 2 juillet à Belle-Isle

Rechercher
X