La Ritournelle déroule le fil

On parle chiffon dans le lieu d’art qui reçoit Delphine Caraz

par Nicolas Tavarès

Appréhender le tissu comme un médium artistique. Delphine Caraz vient dénouer le fil de ses recherches dans le lieu d’art castelroussin.

Deux ans que Nathalie et Frédéric Sécardin jouent leur Ritournelle à l’ombre de la rue du marché à Châteauroux. Lieu d’art, elle abrite à la fois une galerie d’exposition mais aussi un atelier qui a permis à Nathalie Sécardin de laisser l’endroit ouvert ces derniers mois. Montée sous forme de projet associatif, la Ritournelle sort du même coup des sentiers battus offrant aux artistes «la possibilité d’exposer et de se remettre au travail dans l’atelier s’ils le souhaitent», explique Nathalie.

C’est dans ce contexte qu’arrive Delphine Caraz, artiste iséroise qui exposera de mai à juillet. « Tenir à un fil, point de bourdon », tel est le nom du travail qu’elle dévoilera. Lui aussi sort du lot. Nathalie Sécardin: «J’avais envie de présenter des artistes qui prennent le fil de couture comme médium. J’ai découvert le travail de Delphine. Cela donne des compressions qui sont sculptures ou peintures. À leur façon, les oeuvres de Delphine prolongent la vie des gens». Les pièces que l’artiste présentera à la Ritournelle – comme « 67 points en moi » (photo) – «parlent un peu de (moi). Elles sont en tout cas de l’ordre de l’intime. Le fil n’était pourtant pas un médium que j’ai choisi pendant mes études d’art. Mais un jour, je suis tombée devant de vieux tissus. Ce qui, à ce moment, me parlait, me touchait, était là dans ce tissu.» L’artiste a donc tiré un fil.

«Lorsque je prends un tissu, il reste tel quel. C’est la compression que j’en fais qui donne cette forme ronde. Ensuite, il y a une histoire à s’approprier.» L’histoire de Delphine Caraz avec la Ritournelle ne se résumera pas à son exposition comme le précise Nathalie Sécardin: «Nous avons un partenariat avec la section art plastique du lycée Pierre-et-Marie-Curie. Delphine leur a fourni un texte que les élèves devaient s’approprier pour un travail à la fois individuel et collectif.»

«Un dialogue s’est mis en place avec eux, raconte Delphine Caraz. Ils ont réalisé de petits projets autour de mon travail.» La Ritournelle, elle, y a une fois encore dévoilé son ADN : «Dans une période où il ne se passe plus rien, c’est la preuve que l’on peut malgré tout mettre en place des choses. La Ritournelle, c’est une manière de reprendre vie. Delphine n’a jamais vu la galerie, tout s’est préparé en distanciel pour aboutir à du présentiel. Et je pourrai également inviter d’autres artistes au cours de l’exposition. La galerie est faite pour brasser…»

Le mot de la fin qui vous incitera forcément à faire un petit détour par la Ritournelle, celui de Delphine Caraz: «Une œuvre n’existe que si quelqu’un la regarde.» Alors poussez la porte.

La Ritournelle
7bis, rue du Marché à Châteauroux
Ouvert du mercredi au samedi
de 14h à 18h ou sur rdv
Facebook : La Ritournelle

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