Le festival qui ne voulait pas grandir

par Nicolas Tavares

La Chapelle-Orthemale est fière de son festival N’Ayons l’Air de Rien.


Feues les Vieilles Sacoches portaient en très haute estime Georges Brassens. «Nous avons toujours eu ses chansons au répertoire, c’est le patron» commente Xavier Dumontet, trésorier du festival et guitariste du combo qui a splitté durant l’hiver. Voilà en tout cas pour la silhouette du moustachu qui sert de logo au festival qui nous intéresse présentement. «Bertrand Cantat, lui, avait des textes extraordinaires» c’est donc du côté de Noir Désir que les organisateurs sont allés chercher le nom d’un rendez-vous qui vivra sa 5e édition le 4 juillet prochain: «Un petit groupe a planché là-dessus. Ça a failli être le festival Soyons Désinvolte, mais ont s’est accordé sur N’Ayons l’Air de Rien (tiré du morceau Tostaky, ndlr)!»

C’était en 2021, la chose s’est faite « à l’arrache ». Xavier Dumontet, toujours : «Le numéro 0 du festival a été totalement improvisé après l’annulation d’un concert qu’on devait donner au camping de Buzançais. On avait dix jours pour organiser quelque chose et on a pensé faire ça à La Chapelle-Orthemale. Il y a eu 400 spectateurs et beaucoup nous ont dit qu’il y avait quelque chose à creuser ici.» La Chapelle-Orthemale ne doit rien au hasard, Dominique Théret, chanteur des Vieilles Sacoches, y demeure et n’est pas avare d’idées pour animer la petite commune. Le temps de déposer les statuts d’une association pour structurer le projet et voilà comment le groupe est passé du côté obscur de la force : celui de l’organisation.

«Les deux premières années, les Vieilles Sacoches portaient le festival, mais l’idée, c’était qu’on reste juste dans l’organisation avec pour philosophie de proposer de la chanson française festive. En 2023, on a eu la chance d’accueillir Karpatt, un des moments les plus chouettes qu’on ait connu.» Chouette et bien suivi par le public, 800 spectateurs assistant aux concerts à chaque fois, «pourtant, il a fallu attendre 2025 pour avoir du très beau temps.» C’est parce qu’à N’Ayons l’Air de Rien, le soleil est dans les coeurs et on y vient surtout sans chichi.

«Nous voulions un rendez-vous familial et à ce côté rural, ça on le revendique. Les gens peuvent manger l’andouillette-frites, un classique, et nous avons eu une très bonne surprise le jour où nous avons proposé un stand de crêpes. On est sur la place du village parce que c’est dans l’esprit. De toute manière, on veut rester à moins de 1000 spectateurs. » Les organisateurs portent d’ailleurs une attention toute particulière à l’accueil : décoration végétale, espace VIP pour les nombreux partenaires qui s’associent à la manifestation. Petit le rendez-vous, mais costaud aussi.

Rêve de rue et de Picards

Et puis surtout, il y a la formule N’Ayons l’Air de Rien : dès la troisième édition, les organisateurs artimaliens et la quarantaine de bénévoles qui les accompagnent ont opté pour une affiche à trois groupes. «Un premier qui est là pour l’apéro et les interplateaux ; le deuxième, régional – ce qui nous permet de prétendre au dispositif PACT (Projets Artistiques et Culturels de Territoire) –, et enfin la tête d’affiche. Pour la cinquième édition, nous étions prêts à faire péter la bourse, mais finalement on s’est calmé» sourit Xavier Dumontet.

Cette année Les Transistors, l’Antre d’Eux et Sophie les Bas Bleus seront donc les invités de N’Ayons l’Air de Rien. Les premiers s’inscrivant également dans la tournée des Cafés du Rock (lire par ailleurs) initiés par la Communauté de communes Val de l’Indre Brenne et menés par Sabrina Pelletier, responsable culture de la collectivité, accessoirement membre de l’association artimalienne. Petit festival de proximité, N’Ayons l’Air de Rien rêve en grand comme l’explique Xavier: «Nous nous étions renseignés sur les Croquants, mais c’était bien trop cher. Le rêve, ce serait un jour d’avoir la Rue Kétanou ou les Fatals Picards.» Du rêve à la réalité, il n’y a souvent qu’un tout petit pas.

Le dernier mot aux Cafés du Rock

La ComCom fait la tournée des bars

Jusqu’à l’année dernière, la Communauté de Communes Val de l’Indre Brenne proposait Les Cafés du Rock au début des vacances d’été puis posait La Passerelle à la rentrée pour relier le Moustival et Zik à Tesseau. «Ces deux festivals disparus, la Passerelle n’avait plus de raison d’être alors nous avons privilégié Les Cafés du Rock» explique Sabrina Pelletier, chargée de la culture à la Com Com.  Le territoire étant fort de 11 communes, il suffisait de mettre un estaminet en face de chacune d’entre elles. Avec parfois des exceptions à la règle comme à La Chapelle-Orthemale (lire par ailleurs). Pour la programmation, comme le laisse entendre le nom du rendez-vous, Les Cafés du Rock s’appuient sur un registre plus ou moins testostéronné. Sabrina Pelletier: «Les groupes sont majoritairement originaires de la région Centre-Val de Loire. Les patrons de bars nourrissent les artistes et la ComCom prend tout le reste à sa charge (avec une enveloppe de 11000€ allouée à cette seule opération)Parmi ses coups de coeur de l’édition 2026, Sabrina Pelletier évoque Wild Line (photo, 29 juin à Vendoeuvres) et ne tarit pas d’éloges sur la voix de Florie, la chanteuse de ce groupe de country rock. À vous de juger.
Toutes les infos dans l’agenda…

Voir plus d'articles