L’harmonie au fil de l’Indre

L’Académie musicale fête ses cinq ans d’existence et ses stagiaires retrouvent Bellebouche

Par Nicolas Tavarès

Il souffle comme un air de vacances sur Bellebouche. Pour les 70 stagiaires de l’Académie musicale Au fil de l’Indre, cela ressemblerait même à une colonie de vacances si le programme qui s’annonce (du 19 au 26 juillet) ne se résumait pas à répéter, encore répéter, toujours répéter. Inlassablement. Pendant huit jours, sous la direction musicale et pédagogique de Pierre Deville et Oussama Mhanna, un orchestre d’harmonie multi-générationnel va se constituer. Pour les cuivres, percussions et bois, une journée type sera synonyme de travail par pupitre au grand air le matin et en groupes rassemblés l’après-midi. Au Fil de l’Indre c’est du sérieux. «Nous ne sommes pas là pour rigoler, on travaille, c’est professionnel! annonce d’ailleurs Yannick Ovide, président et directeur du stage. Les stagiaires viennent découvrir une autre approche du travail d’orchestre.»

À la manière de Darc

Yannick Ovide, directeur de l’Académie.

Au Fil de l’Indre serait-il une sorte de Star’Ac de la musique d’harmonie ? Yannick Ovide s’en défend: «Ici, il n’y a pas d’autre challenge que celui de jouer ensemble pour préparer un programme ambitieux. Si l’on devait comparer, nous serions plus proches de Darc.» Mais à la différence du rendez-vous international des danseurs, Au Fil de l’Indre n’accepte pas les débutants. Les stagiaires arrivent en effet à Bellebouche fort d’au moins 4 années d’expérience. L’excellence n’est pas loin, mais pas l’élitisme: «Surtout pas, insiste Yannick Ovide. Nous privilégions la mixité sociale et intergénérationnelle. Nous sommes considérés comme accueil collectif de mineurs (ACM), mais nos stagiaires ont de 10 à 80 ans ! Et si au début nous nous sommes lancés avec un socle de stagiaires locaux, aujourd’hui, l’Académie accueille des musiciens d’un peu partout en France… Il y a autant de stagiaires de l’Indre que d’extérieurs. La bascule s’est faite dès 2021 et le rendez-vous est national désormais.»

Au Fil de l’Indre n’a que 5 ans mais a donc déjà trouvé son rythme de croisière et son public. L’édition 2024 va donc pouvoir revenir dans le projet initial de l’Académie qui prévoyait une déclinaison en festival. «Nous avons lancé l’Académie en 2020 avec le COVID. Dès l’année suivante, nous proposions un concert d’ouverture. Cette année, nous organisons six rendez-vous itinérants. C’est dans notre cahier des charges.» L’Académie Au Fil de l’Indre va ainsi frapper un grand coup le 20 juillet avec le concert de Vincent Colonna sur la scène de Bellebouche. Vous le connaissez surtout sous le nom de La Petite Culotte et son tube La Goffa Lolita. «Nous voulions faire du festif grand public qui ne collait pas forcément à notre style, se justifie Yannick Ovide. Nous voulions permettre à nos stagiaires de découvrir d’autres musique et c’est du reste dans cette optique que nous proposerons aussi du dixieland avec Paris Early jazz Band Sextet ou du classique avec le Piano du Lac.»

La Petite culotte en vedette

Les stagiaires joueront eux aussi, mais il est encore trop tôt pour connaître le programme présenté. Il reviendra à Pierre Deville et Oussama Mhanna de leur donner la ligne directrice. «Ils se complètent parfaitement bien. Pierre est tourné vers des oeuvres classiques quand Oussama est plus vers un registre moderne.» Quoi qu’il en soit, Au Fil de l’Indre 2024 aura nécessité près d’un an de préparation menée par Yannick Ovide, Mathilde Lane (responsable financière) et Fanny Christiaen, (responsable administrative). Mais l’Académie est désormais une affaire qui roule. Les dates du stage 2025 sont même déjà posées au calendrier. L’horizon semble dégagé. «Nous aimerions greffer sur le stage une journée masterclass, envisage le directeur. Nous ne nous précipiterons pas. L’Académie crée une émulation, nous présentons des concerts de qualité dans une espèce de zenitude qui permet de progresser. Au Fil de l’Indre sort des sentiers battus et la formule fonctionne.»

Lorsqu’il chantait qu’«elle est entrée comme un mirage la tête haute, ne se souciant pas du regard des autres…» Vincent Colonna parlait -il vraiment de Loli, Lolo, Lola ou bien de l’Académie ? Aujourd’hui, le doute est permis et la réponse tombera le 20 juillet.

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