Pas mous ces Genoux
Pour ses 20 ans, le groupe joue la carte du bal trad joyeux et ouvert
par Nicolas Tavarès
Au pays des tradeux, il existe une bande de potes qui s’offre en partage, privilégie l’humain et entraîne dans de folles sarabandes les danseurs de tout crin, surtout s’ils sont débutants. On les appelle les Genoux et cette année, ils fêtent leurs 20 ans de vie commune. Ne dites pas 20 ans de carrière, ce serait comme prononcer un gros mot. Ils n’ont jamais couru après la gloire. «Les Genoux, c’est pas de la musique, c’est autre chose» conviennent Géraldine, Raphaël et Julien rencontrés au sortir du bal de Luant, en février dernier : quatre heures à jouer et plus de 450 danseurs retournés par la furia du septuor.
Car ça n’appartient qu’aux Genoux, quand ils s’installent en scène, c’est à sept. Pas un de plus, pas un de moins. Pour reprendre Brassens, si un jour il vient à en manquer un à bord, c’est qu’il sera mort. Solides sur leurs articulations, les Genoux ont leur crédo : ne pas se prendre au sérieux. Cela participe à l’état d’esprit de la troupe, plus de 250 bals trads à son actif et une ligne artistique qui fait bouger les pieds sur des compositions aux inspirations italiennes, des Balkans et bien sûr du Berry. Les Genoux, c’est un univers qui n’appartient qu’à eux : «Nous avons importé les guirlandes des guinguettes pour l’ambiance. Nous proposons aussi une diversité d’instruments avec, notamment, une contrebasse et des percussions et surtout nous sommes sept ce qui n’est pas courant dans le trad.»
Souvent, ils revisitent les styles. S’ils s’essaient à la mazurka, «on le fait de manière langoureuse!» explique Raphaël. Les Genoux sont également en mission : celle de démocratiser la danse en cassant les codes. «Notre but, c’est de voir les gens heureux. Dans nos bals, on prête attention à mélanger tous les publics, à ouvrir à toutes les générations et notamment aux danseurs débutants.» Ce qu’ils étaient lorsqu’ils se sont rencontrés à Saint-Chartier au début des années 2000. «Nous étions spectateurs du festival. On campait avec des Italiens. On s’est inspiré de leur musique et on a eu envie d’apprendre les pas.» La légende dit que l’alchimie a opéré dès le premier bal, au Caillou à Thenay. En 2005, une équipe de TF1 leur a consacré un long reportage diffusé un samedi après le journal de 13 heures. «Pour une fois, l’image renvoyée n’était pas mauvaise» se souviennent-ils.
Jamais sans un bar et un parquet

L’éclairage porté par la caméra de la première chaîne a contribué à asseoir la réputation des Genoux qui demeurent inclassables. Peut-être parce que les masquent sont interchangeables. Les Genoux séparés, on les retrouve dans le duo Tourny-Gallois, derrière Aki Agora, les frères Lapompe ou le cirque Inextrémiste. Allez donc les ranger dans une case après ça… Géraldine croit pourtant tenir la formule qui les définit le mieux : «Les Genoux, c’est un peu au-dessus de la cheville, mais franchement en dessous de la ceinture, tu vois ?» On voit oui. Pour vivre heureux, les Genoux ont juste besoin de repères comme «un parquet et un bar, essentiel dans nos soirées, parce que nous sommes de bons vivants!»
Mais le mieux, pour saisir ce qu’ils sont, c’est encore de pousser la porte d’un bal. Amateurs de musique électro, ils n’ont pas prévu d’organiser une Free Trad Party cette année, mais ils entendent bien marquer les 20 ans du groupe. En bons tazons qui se respectent, ils se contenteront d’une huitaine de bals dans leur carnet. Dans le lot, quelques temps forts comme le 1er juillet quand ils se présenteront chez Julien, dans la ferme des Magnolets, à Arthon, pour jouer sous chapiteau et sur parquet avec un invité surprise. En septembre, Celon (le 3) et Villentrois (le 9) les recevront puis il y aura une grande soirée avec leurs amis en novembre à Neuvy-Saint-Sépulchre. Et si vous fréquentez les allées du Son Continu (13-16 juillet), soyez attentifs : quand un bœuf s’improvisera au bord du parquet et que vos pieds s’agiteront, alors les Genoux ne seront pas loin.
Cinéma Lux : le grand écran devient associatif

Déjà bien ancrée dans le paysage culturel de la Vallée noire, l’association Théâtre Maurice Sand dispose d’une nouvelle corde à son arc. Jusque-là propriété de Didier Godet depuis 35 ans, le cinéma Lux vient en effet de basculer dans une gestion associative. Pour l’occasion, Delphine Gabillat, directrice du théâtre, voit son équipe renforcée. Projectionniste, agent d’accueil, médiateur culturel et régisseur sont désormais en place pour «faire exister la salle Maurice Sand au-delà des œuvres projetées et ainsi inventer de nouvelles formes de rencontres et de relations entre la population, les publics, les films, les créateurs et les autres exploitants de salle dans l’Indre.» Parmi les nouveautés, une séance le lundi après-midi, des jeudis à thèmes «en partenariat avec des associations locales, des avant-premières, la mise en place d’ateliers le mercredi après-midi pour les enfants.» Les idées ne manquent pas pour que le Lux dynamise l’offre cinématographique présente à La Châtre…depuis le début du XXe siècle.