Un pont vers l’autre
La MLC Belle-Isle s’engage dans les partenariats pour développer son offre
Le 21 mars, une fois n’est pas coutume, les membres du Jazz Club du Berry vont quitter leur base arrière de L’Escale à Déols pour venir s’installer dans les confortables fauteuils de la salle Gaston-Couté à la MLC Belle-Isle. Un petit pas pour les esthètes, un grand saut pour le jazz puisque ce soir-là, Éric Luter et son Big Five doivent se produire dans l’Indre. La réputation du jazzman imposait de trouver une jauge plus importante que celle de l’habituel lieu de villégiature du Jazz Club. Emmanuel Lavandier, lui, a saisi là l’occasion de valider ce qui lui tient à coeur depuis sa prise de fonction à la direction de la MLC en 2021 : un nouveau partenariat avec un acteur local afin d’attirer un autre public.
«Avec le Jazz Club, c’est un partenariat de cœur» souligne le directeur de la Maison des Loisirs et de la Culture de Châteauroux qui porte une oreille attentive à ce style musical. Il en profite d’ailleurs pour évoquer Pascal Lacore, professeur de musique au Conservatoire, qui a également fait entrer le jazz dans les murs en proposant « Les Jeudis du Jazz ». Emmanuel Lavandier, ne tarit pas d’éloges au sujet de l’enseignant. Parenthèse refermée, il se fait plus précis sur les objectifs de la MLC : «Notre mission, c’est de créer la rencontre. C’est pour cela que nous sommes en recherche de nouveaux publics. Je ne veux surtout pas que nous soyons refermés sur nous-mêmes. La société actuelle a tellement besoin de lieux ouverts.» Le directeur de la MLC Belle-Isle multiplie donc les partenariats : «Tout le monde peut le devenir à la seule condition que ce ne soit pas un partenariat de circonstance, mais qu’il s’inscrive plutôt sur la durée.»
Être la maison des adhérents

Cité éducative, quartiers ou lycées, Emmanuel Lavandier cible très large sans cacher la finalité de la chose : des ponts entre les générations. S’il convient que le catalogue des activités est vaste, «en termes de bien-être, on a tout fait ; nous proposons des conférences, nous développons un volet information et communication familiale qui font de la MLC un espace de vie sociale». Emmanuel Lavandier admet par ailleurs que la musique, longtemps absente de la structure, est un point d’ancrage majeur. Il cite alors en exemple Orphan, jeune groupe dont les membres font partie «de la pépinière de la MLC où ils donnent tous des cours : Rafaël Ledoux (guitare), Cléa Chambrion (chant), Alexandre Giraud (saxophone) et Loane Berroyer (batterie). Mais ils répondent surtout à cette volonté que nous avons de faire sortir les profs de la MLC de leur côté enseignant pour voir ce qu’ils ont dans le ventre, parce que ce sont avant tout des artistes.»
Sous l’impulsion de son directeur et d’une équipe de six salariés, la MLC Belle-Isle ne cesse donc de monter des projets collectifs. Ce mois-ci, le jazz tire les marrons du feu avec le passage d’Éric Luter mais aussi l’intervention de l’accordéoniste Thomas Chedal-Bornu, intégré à la classe de Pascal Lacore pour un projet autour d’Astor Piazzolla. En avril, dans un autre genre, la MLC Belle-Isle retrouvera le Dancefloor (Carré Barré #88, avril 2024 ici) «parce qu’il faut des choses festives. Nous sommes une structure d’éducation populaire qui favorise les temps d’échanges, mais n’oublions pas le côté convivial» commente le directeur de la structure. Avec quelque 900 adhérents et de plus en plus d’ateliers, musicaux ou non, la MLC Belle-Isle va finir par se sentir à l’étroit dans ses murs. Le directeur en convient, mais nuance : «Je veux qu’elle soit une vraie maison. Mais chacun peut amener des projets pour être à la fois acteur et spectateur. L’offre est ouverte !»
Éric Luter Big Five
MLC Belle-Isle à Châteauroux
vendredi 21 mars
Zoom : L’underground dans la place
La Cour des Miracles, le bistrot chaleureux.
Christelle Biais s’est installée à Châteauroux il y a 10 ans. Originaire de Clermont-Ferrand, elle a longtemps évolué dans le milieu hospitalier avant de ressentir le besoin du tournant professionnel. «Je voulais faire quelque chose qui me ressemble, être plus proche des gens. L’idée du bistrot s’est imposée.» La Cour des Miracles a ouvert ses portes au 41, rue Saint-Luc en août 2023. Rock alternatif, punk, électro psy trans, metal, black metal, sound system : dur est le son, mais chaleureux est l’endroit qui se veut résolument «underground. Osez pousser la porte, c’est petit mais suffisant et ici on a le temps de discuter avec les gens.» La Cour des Miracles a déjà accueilli une quinzaine de concerts et se taille une petite réputation par sa façon d’accueillir les groupes. Le bouche-à-oreille fait le reste au point d’ouvrir sa scène à des combos étrangers. Ce 5 mars, le punk syndical des Québécois de Union Thugs va secouer le bistrot puis le 17 mai, ce sera au tour des Espagnols de Wet Cactus de faire monter la notoriété du bar. Christelle : «Ce sont eux qui nous ont contacté par mail. Ces deux groupes vont nous permettre d’être un peu plus connu.» Si ça ne suffit pas, La Cour des Miracles aura encore la fête de la musique le 21 juin pour se distinguer, cette fois place Sainte-Hélène avec l’organisation d’un bal trad…
