À se couper les cheveux en trois

Des Castelroussins sont en lice dans le Mondial de coiffure

par Nicolas Tavarès

Trois jeunes coiffeurs castelroussins se préparent depuis plusieurs mois pour défendre les couleurs françaises dans le Mondial de coiffure à Paris. Ils visent le titre.

Chloé, sa soeur Mathilde et Axel sont dans les starting-blocks. Ou plutôt dans les bacs à shampoing, c’est selon. Les trois ont en tout cas un destin commun : celui de défendre les couleurs de l’équipe de France dans les prochains championnats du monde de coiffure à Paris (14 et 15 septembre). Ne plaisantez pas avec ça, c’est on ne peut plus sérieux et il suffit de les voir s’entraîner d’arrache-pied, que ce soit dans les Salons Luneau ou Roussel for Men où ils évoluent à l’année, pour mesurer les enjeux d’un tel rendez-vous. Pour Chloé, 19 ans, ce sera une grande première. Mathilde, 26 ans, et Axel bientôt 20 ans, eux, ont déjà disputé un Mondial. «L’an dernier, j’ai terminé médaille d’argent junior» rappelle Axel tandis que Mathilde est vice-championne du monde par équipes 2017 : «C’est à cause de moi si on n’a pas gagné. Je n’étais pas au niveau de mes coéquipières» se lamente-t-elle encore aujourd’hui. C’est revancharde qu’elle va rejoindre la Porte de Versailles, théâtre de la compétition : «Depuis 2017, j’ai progressé. Oui, je dois bien une revanche à l’équipe…» Chloé esquisse un sourire. Pendant des mois elle a vu son aînée ressasser ce relatif échec : «Cela faisait peu de temps qu’elle avait commencé les concours. Sa performance revenait sans cesse dans les discussions alors que je la voyais s’entraîner. C’était non-stop…»

Lancés dans les concours internationaux qui permettent de se faire remarquer et donc, d’intégrer l’équipe de France, Axel, Mathilde et Chloé ne vivent quasiment plus que pour ce championnat. Ils composent aussi avec la pression qui l’accompagne. «Il faut apprendre à gérer le stress. Ça se prépare en amont. Dans le dernier mois, on se dit surtout qu’il va falloir essayer d’avoir au moins 7h de sommeil par nuit. Mais ça varie évidemment en fonction de l’emploi du temps» prévient Axel. «Moi je suis stressée et stressante» lâche Mathilde quand Axel analyse : «Elle va beaucoup s’exprimer et quand elle voit que j’ai du retard dans ma préparation, ça la stresse encore plus. Elle veut être prête longtemps à l’avance…»

Opportunités professionnelles

Dans le vocabulaire du trio, ce sont toutefois les termes sportifs qui fleurissent le plus, prouvant que le championnat du monde ne se prend pas à la légère. Mathilde reconnaît pourtant avoir mis de côté les séances de crossfit. Axel s’impose encore d’aller taper la balle sur les courts pour s’aérer la tête. Chloé préfère promener son appareil photo en pleine nature. Né dans une famille de coiffeurs – «seul mon grand-père paternel ne l’est pas !» – Axel est aussi fils de champion du monde (Pascal Roussel, en 1996 à Washington, ndlr). «Mon père serait content d’ajouter une ligne de palmarès sur la vitrine. Moi aussi, bien sûr. Il est constamment là pour nous conseiller. Trouver les mots justes et nous piquer quand il faut.» À Paris, Pascal Roussel sera bien évidemment aux premières loges pour encourager le trio engagé dans deux épreuves chacun : technique hommes/ femmes et mode hommes/femmes.

«La mode aborde un côté plus commercial de la coiffure, un travail de salon, détaille Axel. La technique est plus basée sur le travail du cheveu. Chaque membre de l’équipe est engagé dans deux épreuves. C’est une forme de combiné. En 2018, pour ma première participation, il me manquait de l’expérience, mais j’y allais pour moi. Là, j’y vais pour gagner !» Les trois jeunes coiffeurs se lancent alors dans des digressions capillaires qui font comprendre que le Mondial est affaire d’experts. Une source d’opportunités professionnelles également. Une perf’ peut vous ouvrir des portes. «Ça m’a permis d’encadrer des formations» argumente Mathilde qui, avec Chloé, se prépare à quitter Châteauroux pour une nouvelle aventure. «Un bon résultat, ça peut être aussi du placement de produit, notamment sur Instagram, raconte Axel. Nous sommes incités à être présents sur les réseaux sociaux de toute manière.» Mais le 14 septembre, il faudra faire fi des fioritures. Seule la coupe comptera.

Italie, Corée et Slovaquie ces nations à battre

Comme dans toute compétition internationale, il est essentiel d’analyser les forces en présence et de cibler les principaux adversaires. La coiffure n’échappe pas à la règle et si la France sait défendre son excellence, elle sait aussi se méfier des ciseaux italiens. «En coupe homme, l’Italie mais aussi Porto Rico ou le Japon sont très forts. Côté coupe femme, la Corée et la Slovaquie sont au top» explique Chloé. «Les Coréens sont hyper précis dans leur travail. En France, par exemple, nous sommes plus classe sur la finition sur les coupes femmes.» Mais c’est donc l’Italie qui inquiète le plus notre trio castelroussin et plus particulièrement Mathilde, qui avait vu nos voisins transalpins l’emporter en 2017 pour son premier mondial. Un véritable traumatisme pour elle…

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