Aller direct pour Nouméa

Blois-Nouméa, c’est le long périple qui attend Émilie et Davy Sanchis

par Nicolas Tavarès

Émilie et Davy Sanchis ont les yeux tournés vers la Nouvelle-Calédonie. Ambassadeurs de l’association Trisomie 21 France, le couple va se lancer dans une randonnée cycliste au long cours.

Un matin, Davy et Émilie Sanchis se sont réveillés et se sont dit: «Tiens, et si on prenait nos vélos pour rejoindre Nouméa!» 14 000 bornes, des milliers d’heures de selle en autonomie complète, un grand saut dans l’inconnu à travers l’Europe, l’Asie centrale, du sud-est puis l’Australie et enfin la Nouvelle-Calédonie. Le tout sans jamais prendre l’avion et avec des chaussettes dépareillées. Un détail sur lequel nous reviendrons mais qui imprime la marque au périple dans lequel ce couple de Blésois va se lancer le 13 juin prochain.

Davy est né à Châteauroux voilà 41 ans. Sa femme, Émilie, 39 ans, est originaire de Domont (Val-d’Oise). Lui est responsable d’un négoce à Blois ; elle directrice administrative du service des finances de l’agglo blésoise. Pour ce grand projet, ils ont vendu tous leurs biens, couvrant aisément le budget de leur Blois-Nouméa à vélo (entre 30 et 40 000€). Sans une pandémie mal venue, le couple aurait dû prendre la route en mars dernier. Les histoires de frontières fermées, de vaccins, ont retardé l’envol. Davy, qui avait abandonné son travail, s’est retrouvé libre de toutes contraintes tandis qu’Émilie a repoussé sa disponibilité à la fin du printemps. Mais tout était prêt. Leurs vélos de rando – des Histoire Bike, spécialement réalisés à Clermont-Ferrand -, leur tente 4 saisons, leur réchaud multi-combustible, rien ne manquait. Et surtout pas le fil rouge de leur long voyage, cette cause qu’ils ont décidé de défendre à travers tous les pays visités : la Trisomie 21.

«Nous sommes des sportifs amateurs et fiers de l’être. Nous avons participé à des semi-marathons à Taïwan, au Cambodge, à un trail en Pologne, au marathon de Copenhague. Souvent nous y avons vu participer des personnes en situation de handicap, mais jamais en situation de handicap mental. Ça nous a questionnés.» De fil en aiguille, Émilie et Davy entrent donc en contact avec Trisomie 21 France et plus localement avec l’Éclaircie, l’ADAPEI à Blois. Inclusion, pathologie, taux de prévalence, les randonneurs ajoutent de nouveaux mots à  leur vocabulaire. Ce sera pour mieux porter le message de la Trisomie 21 une fois quittée la France. Car ils ont prévu de mener des actions tout du long, sous la houlette de Down Syndrome International, organisation basée au Royaume-Uni qui oeuvre pour améliorer la qualité de vie des personnes atteintes du syndrome de Down. L’une de ses actions fortes, c’est la Journée mondiale de la Trisomie 21 où le grand public est incité à porter des…chaussettes dépareillées.

Nouméa en août 2022

C’est avec cette petite particularité aux pieds que Davy, lui, est parti s’échauffer courant mars. En attendant madame, il s’offre un quart de tour de France pendant lequel il rencontre des associations accompagnant les porteurs de Trisomie 21. Il a débuté sa boucle à Châteauroux (lire encadré) puis a filé dans le nord de l’Espagne. À l’heure actuelle, Davy Sanchis est quelque part du côté de la Corse: «Je ne connais pas la région, j’en profite. Ma route est faite en fonction des antennes locales de Trisomie 21 France.»

Mais Davy ne cache pas son impatience d’attaquer le véritable périple vers Nouméa. «Ce n’est pas le voyage d’une vie parce qu’avec Émilie, nous avons l’habitude de nous fixer un gros objectif tous les trois ans. Mais celui-ci nous tient à coeur. Si tout se passe bien, on devrait atteindre la Nouvelle-Calédonie en août 2022. Et une fois là-bas, nous n’écartons pas l’idée de continuer.» Au cas où, le couple envisage une halte plus ou moins prolongée en Turquie «où l’on arrivera en octobre, novembre. S’il fait trop froid, peut-être qu’on travaillera un peu sur place.»

Le compte à rebours est lancé. Les mollets sont affûtés pour avaler une soixantaine de kilomètres par jour. Pour les suivre, les réseaux sociaux sont ouverts. Sur la route, Davy et sa femme ont prévu de poser de petits autocollants « Bike Up&Down », du nom de leur projet, «pour laisser une trace, comme une carte de visite.» Il en faudra pour tenir 14 000 kilomètres.

Bike Up & Down
Facebook : Bikeup&Down
Site : www.bikeupanddown.blogspot.com

Suivis par l’IME Chantemerle

Parmi tous ceux qui suivront le périple de Davy et Émilie, les jeunes de l’unité d’enseignement externalisé de l’IME Chantemerle au collège Beaulieu de Châteauroux seront parmi les plus attentifs. Quelques-uns des élèves encadrés par Philippe Selin ont en effet rencontré Davy au moment de son départ solo en mars dernier. «Nous avons été mis en contact un peu par hasard, mais Davy savait que je faisais un atelier vélo au collège, raconte Philippe. J’ai montré aux jeunes le parcours jusqu’à Nouméa, ils n’ont pas vraiment réalisé la distance que cela représentait mais le lien s’est fait. Nous avons fait une balade avec Davy, échangé beaucoup aussi.» C’est devant l’atelier de l’association Château’Roule que la rencontre s’est faite et s’est prolongée par une sortie jusqu’à Belle-Isle. Une mise en jambes en somme.

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