Pour bien rouler, tourne en boucle

Omniprésents sur la route, les coureurs d’Issoudun se forment sur la piste

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© Agence Com’Bawa

Pour s’épanouir sportivement dans la vie, certains courent, d’autres roulent. Passage obligé pour les coureurs de l’AC Bas-Berry Issoudun, la piste est une école de la vie autant qu’un havre de paix.

Ce dimanche de fin d’automne, les maillots rouges ne passent pas inaperçus. C’est jour d’ouverture officielle de la saison sur piste et dans le quartier des coureurs, au milieu du vélodrome de Bourges, ceux de l’AC Bas-Berry Issoudun attirent tous les regards. Non pas qu’ils soient les plus remuants (quoi que !), mais bien parce qu’ils composent le plus gros contingent de participants à la compétition. Près d’une vingtaine sont là, encouragés tout autant que protégés et conseillés par le président Roger Hervouet…

L’ACBB, c’est sa fierté. Elle lui a apporté d’énormes bonheurs (médailles olympiques, titres mondiaux, deux pros avec Kévin Sireau et Morgan Lamoisson), quelques malheurs aussi qui poussent à entretenir le souvenir. Mais si le club cycliste issoldunois sait se mettre en avant sur la route aux beaux jours, c’est d’abord parce qu’il s’emploie à envoyer ses licenciés sur la piste. Une question d’apprentissage incontournable. Ce jour-là donc, les maillots rouges sont partout. Certains sans expérience, d’autres sans la carrure. La croissance et l’entraînement compenseront bien vite la chose. Et au bout de la course, si le président s’est agacé d’une erreur tactique, une tape sur le cul à la descente de piste vaudra encouragement.

Les filles pour le plaisir et la perf

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© Agence Com’Bawa

Nul ne sait qui sera le prochain Kévin Sireau. Peut-être Zoé Raimbault, qui sait. Car à Issoudun, les demoiselles ne sont pas rares et sont particulièrement protégées par les dirigeants. « Je suis au club depuis deux ans et j’aime bien la piste parce que c’est très technique. On y est en sécurité et je n’ai jamais eu peur. La piste, j’en fais pour le plaisir. Mais pour avoir des résultats aussi ! »

Pas imposé mais conseillé

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© Agence Com’Bawa

« Nous n’obligeons pas nos jeunes à monter sur la piste, mais c’est quand même vivement conseillé » sourit le président issoldunois. « On fait en sorte que les coureurs y viennent d’eux-mêmes. Le mercredi, nous organisons une école de piste sur notre vélodrome à Mérillac. Aujourd’hui, quand ils partent sur la route, vous ne pouvez pas imaginer comment j’ai la trouille. Il y a systématiquement une voiture pour les protéger. Alors nous insistons sur la sécurité et la piste est bien pour ça… »

Roger Hervouet ne voit évidemment que des avantages à pratiquer la discipline. Toutes les morphologies y trouvent leur bonheur. Endurance ou vitesse, c’est selon. Et en passionné qu’il est, Roger s’arrange pour glisser un maximum de dates au calendrier de ses licenciés. S’aguerrir, encore et toujours, telle est la seule vérité. L’affluence suit. « Si je n’avais pas autant de gamins sur la piste, je m’emmerderais ! En plus, on en a des bons. »

Avec la langue bien pendue pour certains. Ça a le mérite de pimenter le debriefing d’après-course. Oui, vraiment, la piste à l’ACBB c’est un art de vivre. Et cent fois partagé qui plus est…

Encore un champion

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Lamoisson jeune retraité, Sireau en fin de carrière, l’ACBB compte pourtant toujours dans ses rangs un champion de France de la course aux points. A 56 ans, Bernard Vigneau a décroché son titre masters sous le maillot de l’UC Foëcy. Mais à l’intersaison, il a choisi de rejoindre le club d’Issoudun avec son beau maillot tricolore. Sans doute parce que l’ACBB fait la part belle aux courses sur piste. Et la piste, justement, Bernard adore : « J’en ai fait beaucoup. C’est la discipline que je préfère depuis que je suis gamin. Avec le vélodrome de Bourges, on a enfin la piste qu’on attendait depuis longtemps. Sécurisée et à l’abri. » Le bonheur à domicile en somme.

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